Elizabeth II présente le programme du gouvernement de Boris Johson pour préparer le pays au Brexit

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La reine Elizabeth II et le prince Charles lors de l’ouverture officielle du Parlement, à Londres, jeudi 19 décembre 2019.
La reine Elizabeth II et le prince Charles lors de l’ouverture officielle du Parlement, à Londres, jeudi 19 décembre 2019. HANNAH McKAY / AP

Jeudi 19 décembre s’est tenu à Westminster le deuxième discours de la reine en deux mois : ainsi va la politique britannique, bouleversée par le Brexit. La reine Elizabeth II a présenté le programme de gouvernement de Boris Johnson – le discours a été écrit à Downing Street, elle s’est contentée de le lire, comme le veut la tradition.

Le précédent discours avait été prononcé à la fin d’octobre, mais, à l’époque, sa portée était symbolique. Boris Johnson n’avait pas de majorité à la Chambre des communes, ses multiples projets de réforme n’avaient donc aucune chance d’aboutir. La donne a évidemment changé avec la victoire historique de son camp conservateur, le 12 décembre : ce qui a été annoncé ce jeudi aura de grandes chances d’aboutir, le premier ministre disposant désormais d’un mandat de cinq ans et d’une majorité confortable pour dérouler sa politique.

Lire aussi Brexit : le discours solennel et surréaliste de la reine

« La priorité de mon gouvernement est de mener à bien le Brexit pour le 31 janvier 2020 », a commencé la reine, sans grande surprise, cette promesse ayant été au cœur de la campagne du premier ministre (« Get Brexit done ! »). Vêtue d’un simple ensemble couleur vert d’eau, sans sa lourde traîne à hermine (le protocole ayant été allégé, probablement pour lui éviter trop de fatigue), la souveraine de 93 ans a ensuite déroulé d’une voix monocorde un programme d’une quarantaine de législations, visant toutes au double objectif : mener à bien – enfin – le Brexit. Et tirer le meilleur parti du divorce d’avec l’Union européenne (UE) tout en limitant, par des mesures de transition (dans l’agriculture, notamment), ses effets éventuellement négatifs sur l’économie nationale.

Le traité de retrait devant la Chambre des communes

Le Withdrawal Agreement Bill (WAB), qui inscrit dans la loi britannique le traité de retrait de l’UE, sera donc proposé pour ratification à la Chambre des communes dès vendredi 20 décembre. Pour une première lecture et peut-être un premier vote. Son adoption définitive ne devrait, cependant, pas intervenir avant la deuxième semaine de janvier 2020 : même si Wesminster est, désormais, majoritairement pro-Brexit, le texte nécessite un examen approfondi en commission.

Le signal est clair : les amarres
doivent avoir été larguées au plus vite

A noter qu’y figurera la protection garantie des citoyens européens, suisses et de l’Espace économique européen (Norvège, Islande, etc.) déjà installés au Royaume-Uni avant la fin de la période de transition (la fin de 2020). Ils pourront conserver leur droit de séjour dans le pays. Par ailleurs, ce projet de loi restreint unilatéralement la période de transition, destinée à négocier la « relation future », économique et géopolitique, entre le Royaume-Uni et l’UE. Les Européens ont accepté qu’elle puisse être prolongée jusqu’à la fin de 2022, mais Boris Johnson veut en finir dès la fin de 2020. Là encore, le signal est clair : les amarres doivent avoir été larguées au plus vite.

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