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Le footballeur allemand d’Arsenal Mesut Ozil, dont les commentaires sur la minorité musulmane des Ouïgours ont irrité Pékin, a été retiré des versions chinoises du populaire jeu Pro Evolution Soccer (PES), a fait savoir son distributeur, jeudi 19 décembre.
Vendredi, le no 10 des Gunners avait violemment condamné sur les réseaux sociaux la politique systématique de répression et de détention de masse que mène la Chine contre la minorité musulmane des Ouïgours au Xinjiang (nord-ouest). « Des Corans sont brûlés… des mosquées détruites… les écoles islamiques interdites… des intellectuels religieux tués les uns après les autres… Des frères envoyés par la force dans des camps », s’était indigné Ozil sur Twitter et Instagram.
« Les musulmans restent silencieux. On n’entend pas leur voix », a-t-il ajouté dans son message, où figure à l’arrière-plan le drapeau de ce que les séparatistes ouïgours appellent le Turkestan oriental.
Le grand groupe spécialiste des jeux vidéo NetEase, qui distribue en Chine sur mobile le très populaire Pro Evolution Soccer, a annoncé dans un communiqué avoir retiré du jeu Mesut Ozil en raison de ses « commentaires extrêmes ». « Ces propos ont heurté la sensibilité des fans chinois et violé l’esprit d’amour et de paix de ce sport », a affirmé NetEase. « Nous ne comprenons pas, n’acceptons pas et ne pardonnons pas ce commentaire », a ajouté le groupe chinois coté aux Etats-Unis.
La diffusion d’un match déprogrammée
Samedi, Arsenal a pris ses distances vis-à-vis de son milieu offensif d’origine turque, affirmant que le club avait « toujours adhéré au principe de ne pas s’impliquer dans la politique ».
Une position qui n’a pas empêché la chaîne publique chinoise CCTV de déprogrammer dimanche la diffusion du match entre l’équipe londonienne et Manchester City. La plate-forme de streaming PPTV a fait de même.
La Chine a été frappée à plusieurs reprises par des attentats attribués à des militants ouïgours, notamment en 2014, lors d’attaques à l’arme blanche à la gare de Kunming dans le sud-ouest du pays (31 morts) et à l’explosif contre un marché d’Urumqi (39 morts), la capitale du Xinjiang.
Des organisations de défense des droits de l’homme, des chercheurs et les Etats-Unis accusent Pékin d’avoir interné dans cette région jusqu’à un million de musulmans, principalement ouïgours, dans des camps de « rééducation politique ». Pékin dément ce chiffre et parle de centres de formation professionnelle, destinés à aider la population à trouver un emploi et à l’éloigner de la tentation de l’islamisme et du terrorisme.
Les Ouïgours constituent l’une des 56 ethnies recensées en Chine. Principalement musulmans, parlant pour la plupart une langue apparentée au turc, ils constituent un peu moins de la moitié des 25 millions de personnes vivant au Xinjiang.
Nos articles sur l’enquête « China Cables »
En partenariat avec le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), Le Monde et 16 médias internationaux dévoilent en détail le fonctionnement de la répression des Ouïgours par le régime chinois. Ces informations ont été obtenues par la fuite de documents secrets de Pékin.
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