Négociations avec les IPP: le tarif d’électricité du CEB pourrait-il baisser?

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Selon le CEB, la baisse de la facture d’électricité pourrait être une réalité après les renégociations avec les IPP, à condition que les bénéfices soient constants.

Selon le CEB, la baisse de la facture d’électricité pourrait être une réalité après les renégociations avec les IPP, à condition que les bénéfices soient constants.

Les consommateurs vont-ils voir leur facture d’électricité baisser ? Car en ce moment, le Central Electricity Board (CEB) négocie avec des Independent Power Producers (IPP) pour un prix de vente plus bas. Selon le parapublic, aucun investissement ne justifie que les prix actuels soient maintenus. C’est ce que laisse entendre le directeur par intérim (p.i.) du CEB, Shamshir Mukoon, joint au téléphone par l’express. S’il affirme que les prix sont confidentiels et ne peuvent être divulgués, il rassure toutefois que la nouvelle grille tarifaire «sera meilleure».

Jusqu’ici, des négociations ont été achevées avec Alteo pour le renouvellement de son contrat sur une durée de trois ans, soit de 2018 à 2021. Cependant, les discussions se poursuivent avec Terragen. En ce qui concerne d’autres IPP, le directeur p.i. explique qu’elles débuteront plus tard. Sollicité par l’express, le Chief Executive Officer d’Omnicane, Jacques d’Unienville, affirme que certains des contrats avec le CEB devraient prendre fin qu’en 2027.

Avec ces nouveaux tarifs, allons-nous aussi vers une baisse du prix de l’électricité ? «Cela dépend. Si le CEB continue à engendrer des bénéfices et après avoir pris en considération tous les investissements nécessaires dans les nouvelles centrales et les lignes de transmission, il se pourrait que ce soit le cas», avance Shamshir Mukoon Et d’ajouter : «Le tarif de l’IPP est minime par rapport à ce que le CEB doit dépenser en investissements et principalement en énergies renouvelables, en batteries.» À titre d’exemple, le directeur p.i. du CEB indique que la nouvelle Combined Cycle Gas Turbine coûtera environ Rs 7 milliards. L’on se souvient que dans son manifeste électoral, l’Alliance Nationale avait proposé une baisse de 25 % de la facture d’électricité.

Dans le milieu, l’on affirme que le CEB compterait plus sur les IPP que ses turbines à gaz. À cela, Shamshir Mukoon rétorque que le CEB aura autant besoin des IPP que des turbines à gaz. La raison étant la consommation croissante de l’électricité. «Vous savez peut-être que nous avons déjà dépassé la barre des 500 MW. En fait, nous avons déjà eu à faire face à une demande de 507 MW, dont environ 6 MW proviennent de l’énergie solaire», fait-il ressortir.

Par ailleurs, samedi, lors d’une conférence de presse, Michel Chiffonne, de Rezistans ek Alternativ, a soutenu que le gouvernement devrait venir de l’avant avec un moratoire de trois ans, à partir de janvier 2020, pour une vraie transition versles énergies renouvelables. Il a proposé que les autorités imposent une taxe sur les profits générés par les IPP pour financer cette transition. Interrogé, Shamshir Mukoon dira qu’il existe déjà un impôt sur le charbon, utilisé pour financer la production d’énergie à partir de sources renouvelables. «Mais l’impôt sur leurs bénéfices devrait être mieux traité par le ministère des Finances.»

Un producteur indépendant d’électricité s’interroge, quant à lui, sur la transition énergétique. «On fait quoi à la place du charbon? Une transition vers quoi ?» Il estime que cette transition va prendre du temps. «La technologie pour une énergie abordable est coûteuse. La population devrait payer.» Shamshir Mukoon répond, pour sa part, que si on veut passer au vert et au propre, c’est à nous de payer.

Quid de la bagasse ?

Pour le directeur p.i., cette transition du charbon aux énergies renouvelables ou au gaz, qui sont des énergies propres, peut prendre de trois à cinq ans. S’il concède que nous avons besoin d’une transition qui fait déjà partie de la planification du gouvernement et du CEB, il affirme qu’il faut aussi traiter la question de la bagasse. Un cadre autour de la biomasse durable est en cours d’élaboration par le ministère de l’Agro-industrie, avec l’aide de la Banque mondiale. Or, notre producteur IPP a une tout autre lecture de la situation. Selon lui, la réalité est que la bagasse va disparaître. Selon Statistics Mauritius, avec 1,4 million de tonnes produites, la bagasse a contribué à hauteur de 23,2 % à la production d’électricité en 2011. Aujourd’hui, elle ne représente que 14 %. En 2018, les IPP ont généré 57 % de l’électricité totale produite et le CEB les 43 % restants. Pour la même période de 2017-2018, les ventes d’électricité ont augmenté de 1,2 %, passant de 2 618 GWh à 2 650 GWh et le prix de vente moyen est resté autour de Rs 6 par kWh. À ce jour, l’électricité produite à partir des énergies renouvelables, dont la bagasse, l’hydro, l’éolienne, le solaire et les gaz d’enfouissement, a atteint les 22 %. «L’express» a sollicité une réaction du ministre des Services publics, Ivan Collendavelloo, en vain.


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