En Irlande du Nord, les négociations politiques reprennent après trois ans sans gouvernement

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A la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord britannique, près de Dundalk, en octobre.
A la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord britannique, près de Dundalk, en octobre. PAUL FAITH / AFP

Après presque trois ans sans gouvernement local en Irlande du Nord, unionistes et républicains, qui se partagent le pouvoir, doivent tenter, lundi 16 décembre, de renouer le dialogue, avec l’espoir que le résultat des législatives au Royaume-Uni permette de débloquer la situation.

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Dans cette province britannique, la gouvernance est censée être partagée entre les unionistes du DUP et les républicains du Sinn Fein, comme stipulé dans l’accord de paix du vendredi saint, qui a mis fin en 1998 à trente ans de violences interconfessionnelles dans la région.

Mais l’Irlande du Nord connaît une vacance de l’exécutif local depuis l’effondrement de sa précédente coalition, en janvier 2017, à la suite d’un scandale politico-financier. Depuis, plusieurs séries de négociations n’ont pas permis de lever le blocage, mais après les élections de jeudi au Royaume-Uni, le contexte politique a changé, comme les rapports de force, donnant une nouvelle impulsion aux discussions prévues lundi.

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Le DUP ne sera plus « obsédé » par Westminster

Jusqu’ici, les pourparlers n’ont pas été facilités par l’alliance en 2017 du DUP avec le Parti conservateur de l’ex-première ministre Theresa May, sans majorité à lui seul au Parlement britannique.

Le parti unioniste s’était alors concentré sur Westminster, exerçant une grande influence notamment sur les négociations du Brexit. Il a bloqué les deux accords successifs de sortie de l’Union européenne, s’opposant aux modalités visant à éviter un retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, membre de l’UE.

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Le scrutin législatif au Royaume-Uni a complètement changé la donne : la victoire écrasante jeudi du premier ministre conservateur, Boris Johnson, le dispense de toute alliance pour « réaliser le Brexit » au 31 janvier.

« Le seul aspect positif de la victoire de Boris Johnson, c’est la possibilité que le DUP cesse d’être obsédé par le mélodrame qui se déroule à Westminster, et reporte enfin son attention sur ce qui se passe ici », a déclaré vendredi la chef du Sinn Fein, Mary Lou McDonald, à la télévision irlandaise.

Pour la toute première fois, la province a par ailleurs élu à Westminster plus de députés républicains partisans d’une réunification avec l’Irlande, que d’unionistes du DUP.

« A ceux qui ont choisi de ne pas nous soutenir, nous vous avons entendus », a tweeté vendredi Arlene Foster, chef du DUP, qui a perdu deux sièges lors des législatives, « je sais que vous voulez que l’Irlande du Nord aille de l’avant avec un nouveau gouvernement. Nous reprendrons les négociations en ce sens lundi ».

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Londres gère les affaires courantes depuis

Le nouveau rapport de force au niveau national « incitera davantage le DUP à trouver un accord avec le Sinn Fein » pour former une nouvelle coalition gouvernementale, confirme le politologue Jamie Pow, de l’université Queen de Belfast. Selon lui, les unionistes devront « montrer aux électeurs » qu’ils peuvent régler cette question s’ils veulent « continuer à être considérés comme compétents ».

Sinn Fein comme DUP ont tous deux recueilli moins de voix que lors des précédents scrutins, face à l’émergence de mouvements plus modérés au centre de l’échiquier politique – en réponse à la frustration des électeurs sur l’impasse au Parlement local.

Et face à la menace de nouvelles élections régionales, brandie par le ministre britannique chargé de l’Irlande du Nord si l’exécutif n’était pas restauré au 13 janvier, les deux partis sont plus enclins à infléchir leur position.

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Le blocage politique de l’Assemblée de Stormont a déjà eu des effets très concrets, Londres gérant les affaires courantes. Les députés britanniques ont voté des amendements qui ont permis de libéraliser en octobre l’avortement et de légaliser le mariage homosexuel dans la province, l’alignant avec le reste du Royaume-Uni et provoquant la colère de l’ultraconservateur DUP.

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