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Pour la troisième fois en quatre ans, les Britanniques votent jeudi lors de législatives anticipées fatidiques pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) et l’avenir du pays. Cécile Ducourtieux, correspondante du Monde à Londres, a répondu aux questions des internautes du Monde.fr sur les enjeux du scrutin.
Antoine : Certains poids lourds du Parlement sont-ils en difficulté pour leur réélection ?
Cécile Ducourtieux : Oui. Il faudra surveiller la circonscription de Boris Johnson (Uxbridge and South Ruislip, nord-ouest de Londres), où un jeune travailliste (Ali Milani) se démène depuis six semaines pour lui ravir la place, avec le renfort des activistes du Labour. Très menacé également, le ministre des affaires étrangères, Dominic Raab, dans la circonscription d’Esher and Walton : une candidate Libdem pourrait lui ravir son poste.
Egalement menacés : Theresa May, à Maidenhead, et Iain Duncan Smith, ex-chef du Parti conservateur, à Chingford. Côté travaillistes, Jeremy Corbyn et sa garde rapprochée paraissent sur des sièges plutôt sûrs. En revanche, des bastions historiques du Labour sont menacés : il faudra guetter les résultats à Dudley North, Bishop Auckland ou Workington, circonscriptions Labour mais ayant fortement voté « Leave » en 2016.
Antoine : Comment expliquer l’effondrement des LibDems dans les sondages ?
Il s’agit en effet d’une des grandes surprises de cette campagne : les travaillistes étant partis sur un programme très à gauche et les conservateurs sur un Brexit « dur », il y avait a priori un boulevard au centre pour tous les modérés.
Mais la posture de la chef du parti, Jo Swinson, n’a pas du tout fonctionné dans l’opinion. Elle a commencé sa campagne en affirmant vouloir devenir « première ministre » alors que ses chances d’y parvenir sont quasi nulles (les élus LibDem n’étaient qu’une petite vingtaine avant la dissolution du Parlement, au début de novembre). Surtout, Jo Swinson a fait campagne pour « révoquer l’article 50 », c’est-à-dire annuler purement et simplement le processus du Brexit. Cette promesse a été jugée largement antidémocratique par les Britanniques : ils ont quand même voté en juin 2016 pour quitter l’Union européenne, et ce référendum était censé être « celui d’une génération ».
Jim : Les travaillistes ont-ils une chance d’être majoritaires ?
Les Britanniques sont très prudents vis-à-vis de leurs sondages, qui se sont régulièrement trompés lors des précédents scrutins. Il faut dire que le mode de scrutin (uninominal majoritaire à un tour) ne facilite pas le travail des sondeurs : ils doivent compiler 650 élections locales (on vote pour un député dans sa circonscription, et il y a 650 circonscriptions, dont 533 pour l’Angleterre, 59 pour l’Ecosse, 40 pour le pays de Galles et 18 pour l’Irlande du Nord).
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