Saudi Aramco frôle les 2 000 milliards de dollars

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A la Bourse de Riyad, jeudi 12 décembre.
A la Bourse de Riyad, jeudi 12 décembre. FAYEZ NURELDINE / AFP

Voilà une bonne nouvelle pour Mohammed Ben Salman, alias « MBS » : jeudi 12 décembre, au terme de ses deux premiers jours de cotation sur le Tadawul, l’indice phare de la Bourse de Riyad, la compagnie pétrolière Saudi Aramco a atteint 1 960 milliards de dollars (1 758 milliards d’euros), à deux doigts des 2 000 milliards de dollars que s’est fixé le puissant prince héritier d’Arabie saoudite.

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La veille, le titre s’était envolé de 10 %, le maximum autorisé pour la journée. Bis repetita, jeudi, où il a progressé de 4,6 %. Riyad entre ainsi dans le top 10 des Bourses mondiales. Faut-il vraiment s’en étonner ? Les investisseurs, Saoudiens pour la plupart, ont été fermement invités à acheter des titres pour doper le cours de l’Aramco, qui représente la valeur combinée d’Apple et Amazon.

La compagnie, qui pompe 10 % du pétrole mondial et en détient les plus grandes réserves, avait annoncé, le 5 décembre, avoir levé 25,6 milliards de dollars, soit plus que les 25 milliards levés à Wall Street, en 2014, par le géant chinois du commerce en ligne Alibaba. Au prix de 32 ryals (8,53 dollars), elle était valorisée 1 700 milliards.

Une valorisation « artificielle »

« Aujourd’hui, le royaume d’Arabie saoudite n’est plus le seul actionnaire de l’entreprise, a déclaré le président du conseil d’administration, Yasir al-Rumayyan, par ailleurs patron du fonds public d’investissement destinataire des fonds levés. Plus de cinq millions d’actionnaires, dont des citoyens et des résidents, ainsi que des pays [du golfe arabo-persique] et des institutions internationales d’investissement y ont adhéré », un résultat dont le pays « peut être extrêmement fier ».

Il reste que cette valorisation est jugée « artificielle » par de nombreux analystes, au regard de la gouvernance de l’entreprise et des risques, notamment géopolitiques, pesant sur Saudi Aramco. Au point que les analystes de Sanford C. Bernstein & Co conseillent aux actionnaires de vendre au plus vite pour prendre leurs gains.

Le prince héritier ne pouvait pas perdre la face et tenait, coûte que coûte, à réussir son pari à 2 000 milliards

La valorisation au lancement de l’IPO est trop élevée, jugeaient plusieurs banques conseil de Wall Street retenues pour préparer cette introduction en Bourse. Mais le prince héritier ne pouvait pas perdre la face et tenait, coûte que coûte, à réussir son pari à 2 000 milliards. Quitte à faire miroiter aux investisseurs 75 milliards de dollars de dividendes par an jusqu’en 2024. Ils ont jugé qu’avec une telle valorisation, leur retour sur investissement serait inférieur à 4 %, moins que ce qu’offrent ExxonMobil, Shell, Chevron, BP ou Total.

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