La détention d’un ex-salarié de Huawei fait scandale en Chine

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Un magasin Huawei, à Shanghaï, le 10 mai.
Un magasin Huawei, à Shanghaï, le 10 mai. HECTOR RETAMAL / AFP

C’est un scandale dont Huawei se serait bien passé : alors que le géant des télécommunications est pris dans la guerre économique entre la Chine et les Etats-Unis, qui soupçonnent l’entreprise d’espionnage pour le compte de la Chine, et que la fille du fondateur de l’entreprise risque d’être extradée depuis le Canada vers les Etats-Unis, les communicants de l’entreprise doivent gérer une nouvelle crise, en Chine cette fois-ci.

Li Hongyuan, un ancien employé de Huawei, a révélé avoir été détenu deux cent cinquante et un jours à Shenzhen, la métropole du sud, face à Hongkong, qui a vu naître Huawei à la fin des années 1980. En conflit avec son employeur au sujet d’indemnités de licenciement, il a été accusé d’extorsion et arrêté par la police. L’affaire a suscité la colère des internautes, certains appelant au boycott à un moment où la firme a plus que jamais besoin de ses clients chinois. La culture d’entreprise particulièrement agressive de Huawei et son pouvoir démesuré sont pointés du doigt.

Hasard du calendrier, lundi 2 décembre, Meng Wanzhou, directrice des finances de Huawei et fille de son fondateur, Ren Zhengfei, célébrait sa première année en résidence surveillée dans sa maison de Vancouver, en attendant une éventuelle extradition vers les Etats-Unis. Elle avait été arrêtée dans le cadre d’une enquête des Etats-Unis sur les violations de sanctions contre l’Iran par Huawei. Dans une lettre ouverte publiée lundi, elle remercie aussi les nombreux internautes chinois qui lui ont offert leur soutien. Mauvais timing : sur les réseaux sociaux chinois, la lettre a été inondée de commentaires sarcastiques comparant les conditions de détention confortables de la « princesse », surnom de l’héritière Huawei, avec les geôles humides de Shenzhen, la ville tropicale où a croupi l’ex-employé huit mois durant.

« Preuves insuffisantes »

Li Hongyuan, 42 ans, salarié de Huawei pendant douze ans, a quitté l’entreprise en janvier 2018. L’ancien cadre et son employeur étaient en désaccord sur le montant de son indemnité de licenciement. Une somme de 304 000 yuans (39 000 euros) lui est finalement versée par un employé de l’entreprise, mais Li Hongyuan est arrêté quelques jours plus tard. Motif : extorsion de fonds. Il est accusé par Huawei d’avoir fait chanter l’entreprise pour recevoir sa prime. Heureusement, il avait enregistré sa conversation avec un responsable des ressources humaines au sujet de son indemnité de départ.

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