Au Chili, un plan de relance loin des demandes des manifestants

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Manifestation contre le gouvernement à Santiago, le 18 novembre.
Manifestation contre le gouvernement à Santiago, le 18 novembre. JOHAN ORDONEZ / AFP

Semaine après semaine, c’est le même refrain. « Je sais que les primes ne résolvent pas tout, mais cela devrait représenter un important soulagement », a déclaré le président chilien Sebastián Piñera, mardi 3 décembre, au moment d’annoncer l’octroi d’une gratification exceptionnelle de 50 000 pesos (56 euros) par enfant pour les familles les plus vulnérables. La mesure devrait concerner près de 6 millions de Chiliens – sur les 19 millions que compte le pays – et être votée en urgence par le Congrès d’ici à la fin de l’année.

Le gouvernement de droite a multiplié les annonces économiques, ces derniers jours, alors que le mouvement de contestation sociale, qui entre dans sa septième semaine, se poursuit.

Lundi, le ministre des finances Ignacio Briones a annoncé un plan de relance économique d’une valeur de près de 5 milliards d’euros pour 2020. « Après quarante-cinq jours de quasi-paralysie de l’activité économique au Chili, il fallait des mesures, estime Marco Kremerman, économiste et chercheur à la Fondation Sol, mais celles annoncées par le gouvernement ne répondent pas aux demandes des manifestants. »

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D’autant que la plupart ne sont pas nouvelles, notamment en ce qui concerne l’investissement public dans les infrastructures, comme le métro de Santiago. Plusieurs stations ont été saccagées durant les premiers jours du mouvement – lancé, à l’origine, par des lycéens et étudiants qui protestaient contre l’augmentation du prix du ticket.

Une réforme fiscale sera indispensable

Le plan de « réactivation économique », tel qu’il a été baptisé par le gouvernement Piñera, prévoit aussi une hausse du minimum vieillesse, des aides pour les Chiliens les plus vulnérables et pour les PME, fortement affectées par la crise sociale : l’activité économique s’est contractée de 3,4 % en octobre.

Le peso et la Bourse chilienne se sont effondrés : fin novembre, afin de soutenir la monnaie locale, les autorités de la Banque centrale du Chili ont déclaré qu’elles injecteraient jusqu’à 20 milliards de dollars (18 milliards d’euros) sur le marché des changes jusqu’en mai 2020.

« Les mesures du gouvernement sont de petits coups de pouce, similaires à celles qui auraient pu être prises à la suite d’un événement ponctuel, comme un tremblement de terre », dénonce M. Kremerman, selon qui le coût de ce plan est « parfaitement gérable pour l’Etat chilien. »

L’augmentation des dépenses publiques envisagée devrait creuser le déficit budgétaire du pays, à 4,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2020, un niveau similaire à celui de 2009, époque de la crise des subprimes, qui avait fortement affecté le pays.

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