Le contrôle des armements après la mort du traité FNI, un défi complexe pour l’OTAN

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A Adazi, en Lettonie, en 2019.
A Adazi, en Lettonie, en 2019. Ints Kalnins / REUTERS

« Jamais, depuis les années 1990, l’OTAN n’avait autant réfléchi au contrôle des armements », affirme William Alberque, directeur du Centre pour le désarmement et la non-prolifération au siège de l’organisation militaire, à Bruxelles. Le sujet, poussé notamment par la France, sera abordé par les 29 alliés lors de leur réunion des 70 ans de l’Alliance, mardi 3 et mercredi 4 décembre à Londres. Eviter une disparition pure et simple des outils de contrôle des armements indispensables à la sécurité collective sera très difficile. Mais pas impossible, ont conclu, à Prague, des experts réunis au Forum pour la sécurité de Czernin, les 20 et 21 novembre.

Le défi est majeur, après la mort du traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI) en août, dénoncé par les Etats-Unis avec l’approbation de l’OTAN, en raison des missiles SSC-8 développés par la Russie. Washington pourrait aussi, bientôt, dénoncer le traité Ciel ouvert, signé entre l’OTAN et le pacte de Varsovie en 1992 pour éviter les incidents aériens. Par ailleurs, la conférence d’examen du traité de non-prolifération, en 2020, s’annonce mal. Tout comme le rendez-vous de 2021, pour renouveler le traité New Start, qui réduit les arsenaux nucléaires stratégiques russes et américains (missiles intercontinentaux, lanceurs sous-marins et bombardiers). Moscou a proposé de prolonger New Start de cinq ans, mais le président américain Donald Trump ne veut plus de cet accord, signé par son prédécesseur Barack Obama, tandis que son secrétaire Mike Pompeo veut l’étendre à la Chine qui… ne dispose pas encore de ces armes.

Pas de bon scénario

« Pour la première fois de l’histoire, les parties russe et américaine ne sont pas engagées dans une discussion sur de nouvelles mesures » de contrôle, notamment pour couvrir la prochaine génération d’armements, s’inquiète ainsi le Canadien Tariq Rauf. Cet ancien directeur de la vérification à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) rappelle que 15 000 têtes nucléaires sont dispersées sur la planète, et « 2 millions de kilos de matériaux nucléaires militarisables », dont 80 % demeurent hors des systèmes de vérification. Précision : 25 kg d’uranium enrichi ou 8 kg de plutonium permettent de fabriquer une tête nucléaire.

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Washington et Moscou voulaient depuis plusieurs années se libérer du traité FNI, rappelle Bruno Lété, du German Marshall Fund de Bruxelles. Aussitôt après en être sortie, la partie américaine a, de fait, testé de nouveaux lanceurs mobiles de missiles de croisière. Côté russe, on n’avait pas attendu pour installer des missiles Iskander à Kaliningrad, une capacité que Moscou n’avait pas durant la guerre froide.

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