La pop star démocrate Taylor Swift s’invite dans la primaire américaine

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La chanteuse Taylor Swift  lors des American Music Awards, à Los Angeles, le 24 novembre.
La chanteuse Taylor Swift  lors des American Music Awards, à Los Angeles, le 24 novembre. CHRIS PIZZELLO / INVISION / AP

Que l’on apprécie ou pas sa pop bubble-gum et son style de jeune fille rangée, il faut reconnaître à la star américaine Taylor Swift un certain courage quand il s’agit de combattre les pratiques abusives de l’industrie du disque et de faire entendre sa voix.

En 2014, elle se lançait dans une bataille acharnée contre Apple et le géant du streaming Spotify et retirait pour trois ans ses chansons de la plate-forme (elles y sont de nouveau disponibles depuis 2017).

En octobre 2018, en pleine campagne pour les élections parlementaires américaines de mi-mandat, elle appelait à voter pour la candidate démocrate du Tennessee (où elle vit) et défendait les droits LGBT et des minorités, risquant de se mettre à dos une bonne partie de sa fanbase conservatrice.

« Pratiques prédatrices »

La semaine dernière, c’est pour défendre ses droits d’auteure que la chanteuse de 29 ans est à nouveau montée au créneau, ravivant une dispute entamée en juin, quand Ithaca, la société du très puissant manageur et producteur Scooter Braun (qui préside également aux destinées discographiques de Justin Bieber, Ariana Grande ou Kanye West), a racheté pour 300 millions de dollars (272 millions d’euros) Big Machine, le label producteur des six premiers albums de Taylor Swift. Vendus à près de 50 millions d’exemplaires, et gorgés de tubes (de Shake It Off à I Knew You Were Trouble), les disques représentent une source de revenus énorme et continuelle en droits de diffusion.

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Le 15 novembre, la pop star, qui avait déjà exprimé cet été son désarroi face à cette nouvelle situation totalement indépendante de sa volonté, a pris le clavier pour exposer ce conflit à ses 123 millions d’abonnés Instagram (et 85 millions de followers sur Twitter).

La goutte d’eau ? Scooter Braun et son ancien label auraient tenté de l’empêcher de chanter un medley de ses anciennes chansons (dont ils sont donc propriétaires) lors des American Music Awards, le 24 novembre.

Dans son message, posté conjointement sur tous ses réseaux sociaux, elle appelait notamment à l’aide Carlyle Group, la société d’investissement privée ayant orchestré la vente qui la dépossédait des chansons qu’elle a composées et enregistrées entre 2006 et 2017 (son dernier album, Lover, sorti en août et qui s’est déjà écoulé à deux millions d’exemplaires, a paru sous le label Universal Music).

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En s’en prenant ainsi publiquement au grand capital, Taylor Swift a mis le doigt sur un débat brûlant, en pleine campagne pour la primaire démocrate. Le 15 novembre, la députée star du camp progressiste, Alexandria Ocasio-Cortez, exprimait son soutien sur Twitter : « Les pratiques prédatrices des sociétés de capital-investissement font du tort à des millions d’Américains. (…) Elles prennent aujourd’hui en otage la musique de @TaylorSwift13. Elles doivent être régulées. »



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