Téhéran accuse la CIA d’être responsable des émeutes en Iran

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Les manifestations se sont répandues dans une centaine de villes iraniennes, comme ici à Shahriar, près de la capitale, Téhéran.
Les manifestations se sont répandues dans une centaine de villes iraniennes, comme ici à Shahriar, près de la capitale, Téhéran. VAHID SALEMI / AP

Le guide suprême d’Iran, Ali Khamenei, l’a affirmé, mercredi 27 novembre. L’Iran, a-t-il déclaré, a mis en échec « un complot très dangereux » après les manifestations violentes de la mi-novembre déclenchées par une hausse du prix de l’essence en pleine crise économique.

Mercredi soir tard, l’Agence de presse de la République islamique (IRNA, Islamic Republic News Agency) a rapporté l’arrestation de huit personnes « liées à la CIA ». « Certains éléments qui ont essayé de recueillir des informations sur les récentes émeutes et de les envoyer hors du pays ont été identifiés et arrêtés », a-t-elle annoncé, citant la direction du département du contre-espionnage au ministère des renseignements.

Six personnes sont soupçonnées d’avoir « participé aux émeutes et donné des ordres », a rapporté l’IRNA, sans les identifier. Deux autres sont accusées d’avoir tenté de recueillir des informations et de les transférer à l’étranger, d’après la même source. Selon l’IRNA, « elles avaient toutes été formées dans différents pays sur la façon de recueillir des informations (…) en tant que journalistes citoyens ».

Accusations contre Washington

Les autorités iraniennes accusent principalement les Etats-Unis et Israël, ennemis jurés de Téhéran, d’avoir été à l’origine de ces troubles déclenchés par une hausse du prix de l’essence et survenus lors des manifestations déclenchées le 15 novembre. Elles ont affirmé avoir rétabli l’ordre au bout de quelques jours. Durant les manifestations, stations-service, commissariats, centre commerciaux, mosquées et bâtiments publics ont été incendiés ou attaqués, selon les médias locaux.

Dans une apparente tentative d’empêcher la diffusion d’images des violences, Téhéran avait bloqué Internet, et l’accès est revenu ces derniers jours, sauf pour le réseau mobile, qui en était encore largement affecté jeudi.

Les Etats-Unis ont affirmé mardi avoir reçu des milliers de messages de la République islamique au sujet de manifestations, dont des photos et des vidéos, après avoir lancé un appel pour qu’ils défient les restrictions d’Internet. « Nous avons reçu à ce jour près de 20 000 messages, vidéos, photos, notes des abus du régime par le biais des services de messagerie Telegram », a déclaré le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, faisant référence à l’application cryptée.

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Pressions américaines

Depuis le retrait américain, en mai 2018, de l’accord international sur le nucléaire iranien, l’administration de Donald Trump mène une « campagne de pression maximale » contre l’Iran, accusé de chercher à se doter de l’arme atomique et d’avoir une influence « déstabilisatrice » dans la région.

Les manifestations contre la hausse surprise du prix de l’essence se sont déroulées dans un pays touché par une crise économique, aggravée par le rétablissement et le durcissement de sanctions économiques par les Etats-Unis depuis 2018. Ces sanctions empêchent l’Iran, pays membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), de vendre son pétrole à l’étranger, une de ses principales sources de revenus.

L’organisation non gouvernementale de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) a affirmé mercredi que le pouvoir avait « dissimulé délibérément » le bilan des morts et des arrestations dans la répression des rassemblements qui ont gagné des dizaines de villes. Amnesty International a fait état cette semaine de près de « 143 manifestants tués ». Des organisations de défense des droits humains ont évoqué jusqu’à 7 000 arrestations, selon HRW.

Les autorités pour leur part confirmé la mort de cinq personnes, quatre membres des forces de l’ordre tués par des « émeutiers » et un civil, et annoncé environ 500 arrestations dont celles de 180 « meneurs »

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