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Analyse. La question a fusé à la fin de la première partie du débat entre Jeremy Corbyn et Boris Johnson, mardi 19 novembre, après une bonne demi-heure consacrée à la question du Brexit. « La vérité a-t-elle une importance en politique ? », demande la journaliste Julie Etchingham au premier ministre. Sans se démonter, Boris Johnson répond : « Oui, oui, la vérité est importante. » Dans le studio d’ITV, l’auditoire rit aux éclats.
Comment prendre l’ex-maire de Londres au sérieux sur une question si sensible ? Souvent accusé par ses adversaires d’être un menteur compulsif, il n’a pas hésité, pendant la campagne du référendum de 2016, à affirmer qu’après le Brexit 350 millions de livres (410 millions d’euros) par semaine iraient aux hôpitaux publics plutôt qu’à Bruxelles, un gros mensonge. Tout récemment, il a assuré que les exportateurs britanniques vers l’Irlande du Nord n’auraient aucun document douanier à remplir, grâce à son « deal », contredisant Steve Barclay, son ministre du Brexit.
La journaliste d’ITV repart à l’attaque : « Dire la vérité, en politique, est-ce que cela compte encore ? » Cette fois, le premier ministre ignore la question et revient sur son terrain préféré, en répétant son slogan de campagne : « Let’s get brexit done ! » (« réalisons le Brexit ! »). Un peu plus tard, médias et politiques découvrent que les conservateurs ont osé renommer leur compte Twitter officiel « FactcheckUK » durant le débat, afin de mieux « vérifier les informations du Labour », principal parti d’opposition. Même Twitter se fend d’une protestation officielle. Face à la bronca, les tories s’empressent de débaptiser le compte, mais aucun de leurs dirigeants ne s’excuse.
La confiance n’a jamais été aussi peu présente dans cette campagne, la troisième en cinq ans en vue des élections législatives du 12 décembre 2019. Ce discrédit vaut pour tous les camps. Le programme ultragénéreux des travaillistes (83 milliards de livres de dépenses publiques annuelles supplémentaires) a suscité bien davantage de doutes que d’enthousiasme, alimenté par une presse majoritairement anti-Jeremy Corbyn.
L’image ternie de Jeremy Corbyn
Par ailleurs, si le chef du Labour s’en sort plutôt bien lors des débats, sa personnalité divise. Sa sincérité ne semble pas en doute, contrairement à M. Johnson. Il a un long passé militant, des convictions ancrées à gauche, s’est toujours méfié de l’Union européenne (UE). Mais les accusations d’antisémitisme dans ses rangs, que le parti n’a prises au sérieux que tardivement, semblent avoir durablement terni son image. Le grand rabbin du Royaume-Uni, Ephraim Mirvis, est même intervenu, mardi 26 novembre, dans le Times, pour dénoncer le « poison » de l’antisémitisme au Labour, et assurer que M. Corbyn « est inapte aux plus hautes fonctions ».
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