Alibaba lève des fonds pour asseoir sa domination sur le Web chinois

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Le géant chinois du e-commerce va lever environ 11,7 milliards d’euros à la Bourse de Hongkong pour financer son expansion dans le cloud et les livraisons.

Par Publié aujourd’hui à 15h36

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Cinq ans après avoir récolté 25 milliards de dollars lors de son entrée en Bourse à New York, Alibaba devait réitérer l’exercice à Hongkong mardi 26 novembre. Le géant chinois du commerce en ligne, qui compte 785 millions d’utilisateurs à travers ses applications, espérait lever 13 milliards de dollars pour continuer à financer son expansion, notamment dans la livraison à domicile et le cloud (informatique dématérialisée), deux secteurs gourmands en investissement.

Cette opération devait être la plus importante pour la Bourse de Hongkong depuis 2010. En se cotant sur la principale place financière asiatique, Alibaba espère séduire des investisseurs qui connaissent mieux son modèle et ses possibilités de développement. « Les investisseurs chinois vont maintenant pouvoir acheter des actions d’Alibaba. Non seulement ce groupe fait partie de leur vie quotidienne, mais ils savent qu’Alibaba est un géant qui continue à grandir », souligne Chen Jiahe, directeur des investissements chez Novem Arcae Technology.

Dans le contexte de tensions économiques avec les Etats-Unis, le groupe fondé par Jack Ma assure aussi ses arrières : certains hommes politiques américains avaient évoqué l’idée de restreindre l’accès des entreprises chinoises aux marchés financiers américains.

Le choix d’Alibaba est aussi politique, à l’heure du mouvement de protestation dans la ville chinoise semi-autonome. Le groupe espère ainsi « contribuer, à [sa] petite échelle, à l’avenir de Hongkong », a déclaré le PDG d’Alibaba, Daniel Zhang, dans un communiqué le 15 novembre. « En ces temps de changement, nous continuons à croire que le futur de Hongkong reste radieux. »

Avec cette opération, la Bourse de Hongkong devrait rester la première place financière mondiale pour la deuxième année consécutive devant Wall Street en termes de levées de capitaux.

Jusqu’ici, les places financières chinoises – Shenzhen, Shanghai et Hongkong – avaient raté les mises sur le marché de la plupart des succès de la technologie chinoise (de Baidu à Alibaba) car elles ne permettaient pas aux entreprises d’émettre des actions avec droits de votes différenciés, appréciées par les fondateurs de start-up pour garder le contrôle de leur entreprise. Après avoir révisé ces règles en 2018, Hongkong a attiré des entreprises phares de la tech chinoise comme le fabricant de smartphones et d’objets connectés Xiaomi ou Meituan, une application de services.

Avec plus de 29 milliards d’euros de trésorerie pour un chiffre d’affaires de 15 milliards d’euros, en hausse de 40 % au troisième trimestre, Alibaba est déjà riche, mais ses besoins ne cessent de croître : ces dernières années, le groupe aux 103 000 employés n’a cessé de se développer, à la fois en testant de nouveaux modèles, comme les supérettes connectées Hema, ou en investissant dans une myriade de start-up. « Ils prévoient d’investir davantage sur les livraisons de repas et de services, et veulent continuer à se développer dans le cloud, un secteur qui nécessite beaucoup d’investissements dans les data centers », explique Michael Norris, spécialiste de la tech en Chine pour Agency China, une agence de conseil de Shanghaï. Alibaba domine déjà le secteur du cloud en Chine, avec 43 % de parts de marché, devant son grand rival Tencent, l’autre géant chinois du Web, Amazon et Baidu, selon une étude de Canalys portant sur le deuxième trimestre 2019. Alibaba espère désormais conquérir les marchés internationaux et secouer la domination d’Amazon, leader mondial du secteur.

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