La banane ivoirienne de plus en plus menacée par la concurrence latino-américaine en Europe

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Le secteur génère près de 10 000 emplois directs et 35 000 indirects, et l’Union européenne absorbe 80 % de sa production.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 10h12

Temps de Lecture 1 min.

Une bananeraie à Anyama, au nord d’Abidjan, en septembre 2019.
Une bananeraie à Anyama, au nord d’Abidjan, en septembre 2019. SIA KAMBOU / AFP

La filière de la banane en Côte d’Ivoire, premier producteur africain, est de plus en plus menacée par la concurrence latino-américaine sur le marché de l’Union européenne (UE), son principal débouché, ont estimé ses acteurs jeudi 21 novembre à Abidjan.

« La libéralisation du marché de l’Union européenne n’a pas que des avantages pour la production des pays ACP [Afrique-Caraïbes-Pacifique] et pour la Côte d’Ivoire en particulier. Au contraire, elle suscite beaucoup d’angoisses et d’inquiétudes », a déclaré le directeur de cabinet du ministre ivoirien de l’économie, Bernard Yapo Akpess, à l’ouverture d’une rencontre sur la « compétitivité de la filière banane ». « Les pays ACP [pour la plupart d’anciennes colonies européennes], qui bénéficiaient d’un droit d’entrée nul sur le marché de l’UE, sont actuellement fortement concurrencés par les pays d’Amérique centrale et du Sud », a-t-il rappelé.

« Obtenir un label distinctif »

Pourtant, l’UE a mis en place des mesures d’accompagnement de la banane dont le troisième volet (2013-2019), d’un montant de 29,3 milliards de francs CFA (44,6 millions d’euros), était destiné à juguler cette concurrence. Cette aide européenne est entrée en vigueur après l’accord conclu en 2009 entre les pays producteurs d’Amérique latine et l’Europe, mettant fin à la longue « guerre de la banane », née en 1993 quand l’UE avait décidé d’accorder un régime douanier préférentiel aux pays ACP.

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Pour être plus compétitifs, les producteurs ivoiriens ont décidé d’« améliorer continuellement la qualité pour obtenir un label distinctif afin de pérenniser la culture de la banane ». Ils ont également décidé « d’augmenter le rendement, la productivité et de rechercher des niches sur le marché européen tout en faisant la promotion de la consommation locale et du développement d’un marché sous-régional ».

En 2018, la production de banane dessert ivoirienne a atteint plus de 400 000 tonnes, en augmentation de 20 %. Elle a contribué à hauteur de 8 % au PIB agricole et de 3 % au PIB national, générant un chiffre d’affaires de 145 milliards de francs CFA (221 millions d’euros). La filière de la banane ivoirienne génère près de 10 000 emplois directs et 35 000 emplois indirects. Son principal débouché commercial est l’UE qui absorbe 80 % de sa production.

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