Benyamin Nétanyahou dénonce « un coup d’Etat » après son inculpation

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Après quatre ans d’enquête, le procureur général du pays a annoncé l’inculpation du premier ministre israélien pour des faits de corruption.

Par Publié aujourd’hui à 05h47, mis à jour à 06h19

Temps de Lecture 6 min.

Benyamin Nétanyahou lors d’une réunion des partis de droite à la Knesset à Jérusalem, le 20 novembre.
Benyamin Nétanyahou lors d’une réunion des partis de droite à la Knesset à Jérusalem, le 20 novembre. ODED BALILTY / AP

En refusant de démissionner, une heure après l’annonce de son inculpation en justice, jeudi 21 novembre au soir, Benyamin Nétanyahou a ouvert une crise abyssale de la démocratie israélienne. C’est la première fois qu’un premier ministre en exercice prend ainsi rendez-vous avec la justice, pour des faits de corruption, de fraude et d’abus de confiance. M. Nétanyahou a allumé un brasier en guise de contre-feu : il entend faire publiquement le procès de ses juges et des enquêteurs de police.

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La mine grise, le ton posé, s’autorisant ici et là un sourire de mépris, le chef du gouvernement a renversé, seul face à une unique caméra de télévision, la formule consacrée qui figure en tête de son acte d’accusation : « l’Etat d’Israël contre Benyamin, fils de Benzion Nétanyahou. » C’est lui au contraire qui dénonce « une tentative de coup d’Etat contre un premier ministre, sur la base de fausses accusations ».

C’est lui qui exige la création d’une commission d’enquête indépendante, contre ses procureurs et contre les officiers de police qui ont échafaudé ce dossier, depuis 2016. Quant à ses partisans, il leur revient « d’exiger que l’on enquête sur les enquêteurs ».

« Une méthode » pour l’abattre

Ces fonctionnaires « malhonnêtes », « dirigés par des éléments extérieurs » que M. Nétanyahou ne nomme pas, se sont engagés, déplore-t-il, dans « un processus d’usure ». Relayés par une presse hostile, ils suivent « une méthode » pour l’abattre. « Chaque soir, on fait couler mon sang et celui de mon épouse et de mon fils, dit-il. Dans quelle démocratie, dans quel Etat de droit vivons-nous ? »

Jamais un premier ministre n’avait attaqué avec une telle violence les institutions. Mais il avait dessiné sa défense de longue date. Le procureur général du pays, Avichaï Mandelblit, s’y attendait. En déroulant son acte d’accusation devant la presse, une heure auparavant, il a consacré l’essentiel de son allocution à défendre la légitimité de son enquête. Tendu, rapide, les yeux souvent baissés sur son texte, hésitant à fixer les caméras, cet ancien procureur général de l’armée (2004-2011) a rappelé son « admiration » pour le chef du gouvernement. Un homme dont il a eu « l’honneur » d’être le secrétaire de cabinet, entre 2013 et 2016, avant d’être nommé par lui en confiance à son poste actuel.

M. Mandelblit, homme de religion, juif strictement orthodoxe, a dénoncé « les voix intolérables qui se sont élevées [durant l’enquête] contre l’autorité publique ; le discours de haine contre le système judiciaire et contre ceux qui le servent », qu’ont distillé les proches de M. Nétanyahou. Refusant le recours « aux théories conspirationnistes », il s’est indigné des « menaces » lancées contre ses collaborateurs. En pure perte. Jeudi, M. Nétanyahou a une nouvelle fois concentré ses attaques sur le procureur d’Etat, Shai Nitzan.

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