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A Berlin, les propos d’Emmanuel Macron sur « la mort cérébrale » de l’Alliance atlantique sont vivement critiqués à droite comme à gauche de l’échiquier politique.
Entre la France et l’Allemagne, le désaccord sur l’OTAN – qui remonte aux années 1960 – est profond. « Au fond d’elle-même, la France pense qu’elle n’a pas un besoin vital des Américains pour se défendre. En Allemagne, c’est le contraire », rappelle Ulrich Speck, chercheur au bureau berlinois du German Marshall Fund (GMF), un cercle de réflexion américain consacré au renforcement des liens transatlantiques. « Avec sa formule sur “la mort cérébrale de l’OTAN”, Macron a touché quelque chose d’existentiel. En Allemagne, on considère l’OTAN comme notre assurance-vie », ajoute Claudia Major, chercheuse à l’Institut allemand de politique internationale et de sécurité (SWP).
Il aura fallu tout de même attendre treize jours après sa parution dans The Economist, jeudi 7 novembre, pour que la formule d’Emmanuel Macron commence à être digérée en Allemagne. En proposant, mercredi 20 novembre, à Bruxelles, de constituer un comité d’experts chargé de « clarifier le futur rôle de l’OTAN », le ministre allemand des affaires étrangères, Heiko Maas, a voulu indiquer que le ton était en train de changer à Berlin. Et qu’après l’indignation provoquée par les déclarations du président français une discussion est désormais possible. « A Berlin, on ne considère pas le statu quo comme une solution », se félicite Claudia Major, après « la proposition constructive » de Berlin.
« Déclaration d’amour »
L’Allemagne avait très vivement réagi aux propos du président français. Sur ce point, la grande coalition d’Angela Merkel a même affiché une parfaite unité de vue. Alors que pas une semaine ne passe sans que les conservateurs (CDU-CSU) et les sociaux-démocrates (SPD) n’étalent leurs désaccords, les deux partenaires ont, pour une fois, été à l’unisson.
« L’OTAN est bien vivante, du cœur comme de la tête », a ainsi affirmé Annegret Kramp-Karrenbauer (« AKK »), ministre de la défense et présidente de la CDU, le 11 novembre, à Berlin. Des propos en résonance avec la tribune publiée par M. Maas, la veille, sur le site du Spiegel : « Nous commettrions une faute en affaiblissant l’OTAN. Sans les Etats-Unis, ni l’Allemagne ni la France ne sont en état de se protéger. (…) Nous voulons une Europe forte et souveraine, mais nous en avons besoin comme partie intégrante d’une OTAN forte, et non pas pour remplacer celle-ci. »
« Il y a le sentiment, en Allemagne, que Macron fait de plus en plus cavalier seul et que cette attitude est contre-productive »
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