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Une ONG américaine accuse MISK d’être une plate-forme de propagande pour le régime de Riyad, notamment liée à l’affaire d’espionnage de comptes Twitter d’opposants.
Alors que l’Unesco reçoit lundi 18 et mardi 19 novembre, à Paris, une représentante saoudienne, dans le cadre du 11e Forum des jeunes, une ONG de Washington demande à l’organisation onusienne de stopper son partenariat avec la fondation MISK, qui la sponsorise. La pétition a récolté 6 470 signatures en huit jours et des milliers de Tweet ont interpellé l’Unesco sur le dossier.
« MISK, assure le directeur de l’ONG Freedom Forward, Sunjeev Bery, ancien spécialiste Moyen-Orient d’Amnesty International, est une plate-forme de propagande pour la dictature saoudienne. Elle est liée à l’affaire d’espionnage des comptes Twitter [des opposants au régime saoudien] et certainement au meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. Ce n’est pas une fondation banale, les institutions onusiennes ne devraient pas collaborer avec elle. »
« Incompréhension »
A l’Unesco, on parle « d’incompréhension » face à un tel émoi : « La fondation MISK contribue en envoyant une jeune Saoudienne qui participera au forum sur l’engagement des jeunes dans une perspective multilatérale. » On dit préférer se focaliser sur les rencontres des jeunes, plutôt que sur la réputation des dirigeants des fondations. L’organisation culturelle a signé un accord-cadre de cinq ans en 2016 avec MISK, dans lequel la fondation doit lui verser cinq millions de dollars.
« A Paris, on ne sait pas encore si l’Unesco prendra la bonne décision et rompra ses liens avec cette association »
Sur le site de la fondation, d’autres logos côtoient celui de l’Unesco : ceux de la Biennale de Venise ou de Johnson & Johnson, multinationale du secteur pharmaceutique. Les Nations unies ont aussi signé un accord-cadre avec MISK, en octobre 2018, quelques jours avant l’assassinat de Jamal Khashoggi. Cependant, depuis le meurtre du chroniqueur du Washington Post, certains ont suspendu leur collaboration, comme la Fondation Bill & Melinda Gates, en novembre 2018. En septembre, un événement organisé par MISK, à New York, a été annulé. « A Paris, on ne sait pas encore si l’Unesco prendra la bonne décision et rompra ses liens avec cette association caritative factice de la dictature saoudienne, ou s’ils vont prétendre que tout est normal », s’interroge Sunjeev Bery.
La tension s’accentue depuis dix jours, alors que le secrétaire général de MISK, Bader Al-Asaker, a été identifié par le Washington Post comme étant le commanditaire de l’affaire d’espionnage au sein de Twitter. Il aurait payé deux employés de Twitter pour récupérer les données de comptes appartenant à des opposants au régime saoudien.
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