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Un policier a été blessé par une flèche tirée par un manifestant sur la péninsule de Kowloon, devenu ces dernières heures la principale ligne de front de la contestation pro-démocratie.
Hongkong a été, dimanche 17 novembre, le théâtre de nouveaux heurts entre policiers et manifestants, qui entendent continuer à paralyser la ville pour « étrangler l’économie » de l’ex-colonie britannique.
Les protestataires ont occupé dans la matinée l’université polytechnique (PolyU), située sur la presqu’île de Kowloon tout près du Cross Harbour Tunnel, l’un des trois tunnels routiers desservant l’île de Hongkong. Les forces de l’ordre ont déployé des canons à eau et tiré de nombreuses grenades lacrymogènes pour les disperser, et les manifestants ont riposté en leur jetant des cocktails Molotov.
Un policier hongkongais a été blessé par une flèche tirée par un manifestant. Des photographies diffusées par la police montrent la flèche plantée dans le mollet de ce membre d’une équipe travaillant à la communication des forces de l’ordre et déployée près de l’université polytechnique. Le policier a été hospitalisé.
Tunnel stratégique
Plus tôt dans la matinée, des dizaines de partisans du gouvernement s’étaient rassemblés pour tenter de déblayer les barricades bloquant l’entrée du Cross Harbour Tunnel, fermé depuis mardi. Ce groupe de 80 à 100 habitants chantait et ses membres s’encourageaient mutuellement en retirant les débris entassés, avant que des manifestants vêtus de noir ne reviennent reconstruire ces barricades.
Des médias locaux ont rapporté que les protestataires avaient lancé des briques sur les habitants pour les empêcher de libérer l’accès du tunnel stratégique. La police est intervenue en tirant des lacrymogènes.
Dimanche, un message posté sur la page Facebook de la PolyU enjoignait aux manifestants de partir « immédiatement » : « En raison d’inquiétudes pour la sécurité causées par de possibles actions illégales violentes de manifestants qui occupent toujours le campus de PolyU, l’université exhorte encore toutes les personnes sur le campus, y compris les étudiants et les membres du personnel, à ne pas rester et à partir dès que possible », peut-on y lire.
Des manifestants ont répondu par un tract en ligne annonçant la couleur : « Que toute la ville s’unisse, défende la PolyU, défende le Cross Harbour Tunnel ».
« Etranglez l’économie pour accroître la pression »
La mégapole de 7,5 millions d’habitants traverse depuis cinq mois sa pire crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations quasi quotidiennes de la mouvance pro-démocratie.
La contestation s’est intensifiée lundi dernier avec des opérations continues de blocage d’universités et de quartiers périphériques, en application d’une nouvelle stratégie baptisée « Eclore partout » (Blossom Everywhere), qui consiste à multiplier les actions pour éprouver au maximum les capacités de la police. Conséquence : un blocage général des transports en commun, qui a considérablement compliqué la tâche des employés allant au travail et qui a entraîné la fermeture des écoles et de nombreux centres commerciaux, et d’innombrables heurts avec la police.
Un tract posté sur un forum préconisait pour lundi « une action à l’aube », laissant entendre que les blocages pourraient durer : « Levez-vous tôt, visez directement le régime, étranglez l’économie pour accroître la pression. » Le gouvernement a annoncé que les écoles demeureraient fermées lundi, par mesure de sécurité.
Le mouvement avait débuté en juin sur le rejet d’un projet de loi qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine. Le texte a été suspendu en septembre, mais la mobilisation avait entre-temps considérablement élargi ses revendications pour demander le suffrage universel ou encore une enquête sur les violences policières.
La détermination des manifestants s’est heurtée ces derniers mois à l’intransigeance des autorités, faisant basculer la région semi-autonome dans une spirale de violence. Deux personnes ont péri depuis le début du mois, tandis que la place financière hongkongaise a plongé dans la récession. Dimanche, l’autorité aéroportuaire locale a annoncé une chute du trafic de 13 % en octobre par rapport à octobre 2018, avec 5,4 millions de passagers.
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