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Ecoles fermées, restrictions bancaires et manque de liquidités sont devenus le quotidien depuis le début de la contestation.
De nombreuses écoles à Beyrouth ont gardé leurs portes fermées, jeudi 14 novembre. La journée de la veille a été marquée par de multiples tensions, après la mort, mardi soir, d’un manifestant, tué par balles, et un entretien du président Michel Aoun qui a exaspéré les protestataires. Des routes ont été bloquées. Le transport des élèves, qui vivent parfois loin de leurs salles de classe, se fait en grande partie par des autocars affrétés par les établissements, et dans le contexte actuel, ces navettes sont impossibles à assurer. « De toute façon, je refuse d’envoyer mes enfants à l’école dans ces conditions », lâche, angoissée, une mère de famille.
Depuis le début du mouvement de contestation, le 17 octobre, contre l’ensemble de la classe politique, accusée de corruption et d’incurie, le moral des foyers qui soutiennent la colère de la rue fait du yo-yo. Ils sont perpétuellement tiraillés entre l’espoir de renouveau porté par le soulèvement populaire et la hantise d’un effondrement, d’ordre économique ou sécuritaire. « Ma mère partage les revendications de la révolution, mais elle a peur pour nous aux manifestations, résume Mohamed Hijazi, un étudiant de 23 ans. On sent aussi nos parents stressés, à cause de la situation économique ».
En près d’un mois, les banques n’ont fonctionné que six jours. Officiellement, depuis le 12 novembre, elles sont paralysées par une grève des employés qui dénoncent l’agressivité manifestée par des clients lors des brèves phases de réouverture. Mais selon une source du secteur, il s’agit plutôt d’une décision officieuse du système bancaire, pour se protéger, tant qu’un nouveau gouvernement n’est pas formé. Des manifestants dénoncent, eux, des pressions pour créer le ras-le-bol au sein de la population face au soulèvement.
Cartes de crédit refusées
L’affluence avait été massive lorsque les guichets ont rouvert. Les restrictions imposées par les banques, comme le plafonnement des retraits en dollars (monnaie couramment utilisée, avec la livre libanaise) ou le blocage des virements vers l’étranger, ont renforcé les peurs des clients. Un contrôle de facto des capitaux en devises s’est mis en place, pour garantir les réserves et éviter un effondrement de la livre. Des sommes importantes sont pourtant sorties du pays depuis le 17 octobre, renforçant le sentiment d’inégalités.
« Les règles doivent être les mêmes pour tout le monde », fustige Serge, 41 ans, qui dirige une petite entreprise d’importation de systèmes de chauffage. Il manifestait, mercredi, sur la route qui mène au palais présidentiel de Baabda, bloquée par l’armée, contre les propos tenus par Michel Aoun, la veille. « Nous n’ouvrons que quelques heures par jour : on ne peut pas commander de marchandises ni encaisser ce que paient nos clients. On attend que les choses se passent en essayant de laisser le moins de plumes derrière nous. »
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