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Le socialiste Pedro Sanchez est accusé de faiblesse face aux indépendantistes, tandis que le parti d’extrême droite Vox pourrait se hisser à la troisième place lors des législatives du 10 novembre.
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Aux fenêtres et balcons de Madrid, certains ont ressorti les drapeaux aux couleurs de l’Espagne. Beaucoup moins qu’en octobre 2017, lorsque le référendum illégal d’indépendance en Catalogne semblait pouvoir menacer l’unité et l’intégrité territoriale du royaume, mais suffisamment pour témoigner de la crispation que provoquent, une nouvelle fois, les soubresauts catalans dans le reste de l’Espagne. Une crispation sur laquelle les partis politiques de droite espèrent surfer, à moins de trois semaines des élections législatives du 10 novembre, les socialistes partant grands favoris.
Depuis que le 14 octobre, la Cour suprême a condamné pour « sédition » neuf leaders indépendantistes, à des peines allant de neuf à treize ans de prison, et autant d’inéligibilités, la crise catalane s’est imposée comme l’unique thème de débat politique ou presque en Espagne.
Les images d’émeutes à Barcelone, Gérone et Lerida, où les manifestations ont dégénéré en vandalisme et affrontements de rue ont fait le jeu des discours sécuritaires de la droite, prompte à se poser en garante de l’unité de l’Espagne, à présenter le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez comme incapable de garantir l’ordre public, et à demander l’application de mesures exceptionnelles en Catalogne. Près de 600 blessés ont été recensés en Catalogne entre lundi 14 et vendredi 18 octobre, dont près de la moitié sont des policiers selon le ministère de l’intérieur. Environ 200 personnes ont été arrêtées, dont 70 ont été mis à disposition de la justice et 18 ont été incarcérées.
« Mettre en prison ceux qui tentent de briser le pays »
Depuis le début des troubles, le président du Parti populaire (PP, droite), Pablo Casado, demande l’application de la loi de sécurité nationale, qui vise notamment à prendre le contrôle de la police régionale, les Mossos d’Esquadra, malgré la collaboration intense dont elle fait preuve avec la police nationale. Il exige aussi du gouvernement de sommer le président de la Généralité, l’indépendantiste radical Quim Torra, de cesser son « incitation aux comportements délictueux », en référence à ses appels répétés à la désobéissance civile. Il propose aussi de durcir le code pénal afin notamment de restreindre l’accès aux aménagements de peines aux condamnés pour sédition. Selon lui, Pedro Sanchez est « débordé par les événements ».
De son côté, le président du parti libéral Ciudadanos, Albert Rivera, exige l’activation de l’article 155 de la Constitution, qui permet la mise sous tutelle des régions rebelles, notamment pour empêcher Quim Torra d’« ouvrir les portes de la prison », la Catalogne étant la seule région où la gestion des centres pénitenciers est décentralisée. Signe de sa nervosité, alors que les sondages le vouent à une dégringolade électorale, M. Rivera a clamé à la foule, samedi 19 octobre, lors d’un meeting à Barcelone, qu’il voulait être président du gouvernement « pour mettre en prison ceux qui tentent de briser le pays ». Des propos controversés, même si le parti, né en 2006 à Barcelone en réaction à la montée du nationalisme en Catalogne, s’est empressé de dire que c’est évidemment à la justice de décider des incarcérations.
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