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La reconstruction du temple de Ram, en lieu et place d’une mosquée, divise les deux communautés depuis des décennies, générant des émeutes sanglantes.
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La Cour suprême indienne a entre les mains l’un des dossiers les plus abrasifs du sous-continent. Le temple de Ram oppose hindous et musulmans depuis des décennies et a donné lieu à des affrontements intercommunautaires sanglants. Les juges appelés à trancher le litige ont achevé, mercredi 17 octobre, leurs audiences commencées il y a deux mois et devraient rendre leur décision d’ici le 27 novembre. L’issue est à très haut risque.
Les hindous réclament de construire à Ayodhya, en Uttar Pradesh, dans le nord de l’Inde, un temple dédié au dieu Ram à la place de la mosquée Babri érigée au XVIe siècle par l’empereur Babur, premier dirigeant et fondateur de l’empire Moghol en Inde. Les hindous considèrent ce site comme le lieu de naissance du dieu Ram, un des sept avatars de Vishnou et affirment que la mosquée a été fondée sur les ruines du temple de Ram. Une légende pour les historiens.
Comme souvent en Inde, cette affaire mêle religion et politique. Dès le milieu des années 1980, le Bharatiya Janata Party (BJP), le mouvement de Narendra Modi s’en est emparé pour en faire un symbole de l’identité indienne et une arme électorale idéale pour galvaniser les hindous. Le sujet n’a pas échappé à la dernière campagne électorale de 2019 qui a vu la réélection triomphale de Narendra Modi. La reconstruction du temple de Ram fait partie des promesses du BJP qui souhaite effacer les traces des Moghols de l’Histoire de l’Inde.
Le conflit s’est totalement envenimé au fil des années. Le 6 décembre 1992, une foule de militants hindous en colère ont détruit la mosquée Babri à coups de pioches et de marteaux. Vingt ans plus tard, le pays a vécu un de ses drames les plus sordides.
Le 27 février 2002, des militants nationalistes hindous du Gujarat qui s’étaient rendus en vain à Ayodhya pour « reconstruire » le temple de Ram, rentrent chez eux en train. Durant le voyage, ils multiplient les exactions contre les passagers musulmans, des femmes sont séquestrées. Le train est stoppé dans un quartier musulman de la ville de Godhra, dans l’est du Gujarat. Il est encerclé par des musulmans qui jettent des bombes inflammables contre un des wagons des nationalistes hindous. Cinquante-neuf d’entre eux périssent dans les flammes dont vingt-cinq femmes et quatorze enfants.
Cet évènement va déclencher une folie meurtrière contre les musulmans. Jamais, depuis la partition, la violence ne s’était déchaînée ainsi. Les pogroms feront 2 000 morts. Narendra Modi, alors chef du gouvernement du Gujarat, est soupçonné d’avoir fermé les yeux sur bon nombre d’opérations de représailles.
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