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Cette hausse des droits de douane américains à l’encontre des produits européens est d’une valeur de 6,7 milliards d’euros.
L’heure de la riposte a sonné. L’entrée en vigueur, vendredi 18 octobre à 00 h 01, heure de Washington, des sanctions douanières américaines à l’égard des produits européens a provoqué une première volée de réactions irritées. « Regrettant » cette décision, la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, a estimé, vendredi, que l’Union européenne (UE) n’a « pas d’autre choix » que des représailles.
Cette hausse des droits de douane américains à l’encontre des produits européens d’une valeur de 7,5 milliards de dollars (6,7 milliards d’euros) a reçu le feu vert de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans le cadre du feuilleton des subventions accordées à Airbus. Le prochain épisode de cette affaire à rebondissements devrait être la possibilité qui sera donnée en 2020 par l’OMC à l’UE d’à son tour imposer des sanctions contre les Etats-Unis, accusés d’avoir subventionné Boeing.
La filière vin inquiète
Pour la France, selon l’assureur-crédit Euler Hermes, le coût des sanctions américaines devrait se monter à un milliard d’euros. Plus de la moitié de la facture (530 millions d’euros) sera supportée par l’industrie aéronautique dont les ventes d’avions finis seront taxées à 10 %. Les exportations de vins de raisin non pétillants, pénalisées par des droits de douane de 25 %, seraient, elles, affectées à hauteur de 370 millions d’euros. Le reste pourrait être prélevé sur les produits laitiers (60 millions d’euros de pertes) et d’autres postes résiduels (40 millions).
Particulièrement inquiets, les exportateurs d’alcool français ont demandé, vendredi, au gouvernement des mesures de soutien rapides pour la filière vin, et à la Commission européenne l’ouverture de négociations avec Washington. Lundi 14 octobre, le président du département de la Côte-d’Or avait même joué de l’humour et du goût de Donald Trump pour les réseaux sociaux pour tenter de le faire changer d’avis. Annonçant qu’il allait envoyer deux bouteilles de bourgogne au président américain, François Sauvadet (UDI) avait tweeté : « Dommage, Mister Président, de pénaliser le peuple américain en taxant de manière inconsidérée nos vins. Dès que vous les aurez goûtés vous reviendrez sur votre décision. » La taxation américaine sur les vins français devrait conduire à une hausse des prix pour le consommateur américain. Un renchérissement qui porte en germe un risque important de pertes de part de marché.
« Les Etats-Unis sont notre premier client et représentent près de 20 % de l’ensemble de nos exportations de vins », indique dans un communiqué la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS). Cette dernière ajoute que plus de 4 500 entreprises françaises exportatrices de vin sont maintenant directement impactées par la décision de l’administration américaine. En début de semaine, le ministre français de l’agriculture avait semblé vouloir renvoyer la balle à Bruxelles. Didier Guillaume a demandé à la Commission européenne de « prendre des mesures d’accompagnement pour faire face à cette situation exceptionnelle ».
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