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Mardi, l’armée de Bachar Al-Assad a par ailleurs pris le contrôle de la ville de Minbej, dans le nord de la Syrie, pour prévenir un assaut des forces turques.
Moins d’une semaine après le début de l’offensive lancée par Ankara contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie, le gouvernement britannique a annoncé lui aussi suspendre l’exportation d’armes vers la Turquie. Parallèlement, l’armée de Bachar Al-Assad a pris le contrôle de la ville de Minbej, dans le nord de la Syrie, pour prévenir un assaut des forces turques.
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Londres suspend les exportations d’armes vers Ankara
Après Berlin, Paris et La Haye, Londres a décidé mardi 15 octobre la suspension des exportations vers la Turquie d’armes « qui pourraient être utilisées » dans l’offensive turque. Londres va « surveiller de façon très attentive et continue » les exportations vers la Turquie, a déclaré le ministre britannique des affaires étrangères, Dominic Raab, à la Chambre des communes. Tant que cette phase d’examen est en cours, aucun nouveau permis d’exportation d’armes « qui pourraient être utilisées dans les opérations militaires en Syrie » ne sera accordé.
« Le gouvernement britannique prend très au sérieux ses responsabilités en matière de contrôle d’exportation d’armements », a tenu à affirmer le chef de la diplomatie. M. Raab a aussi précisé avoir exprimé ses « préoccupations sérieuses » à son homologue turc, joignant sa voix aux inquiétudes exprimées sur la scène internationale. Cette décision de Londres montre « que beaucoup d’alliés de l’OTAN sont très critiques et condamnent l’opération militaire dans le nord de la Syrie », a pour sa part estimé le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, après s’être entretenu lors d’une réunion à Downing Street avec le premier ministre, Boris Johnson.
L’offensive turque vise à déloger du nord-est de la Syrie les forces kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), considérées comme terroristes par Ankara mais alliées de l’Occident dans la lutte contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI). « Comme nous le craignons, [l’offensive] a sérieusement compromis la sécurité et la stabilité de la région », a déploré M. Raab, estimant que cette offensive affaiblit la lutte contre l’EI dans la région et aggrave la situation humanitaire sur place.
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L’armée de Bachar Al-Assad prend le contrôle de Minbej
Parallèlement, Moscou a annoncé que les forces de Bachar Al-Assad avaient pris le contrôle de la totalité de la ville syrienne de Minbej et de ses environs, dans le cadre d’un déploiement destiné à contrer l’offensive turque. Une information aussitôt confirmée par la coalition internationale antidjihadiste conduite par les Etats-Unis. « Les forces de la coalition effectuent un retrait délibéré du nord-est syrien. Nous avons quitté Minbej », a assuré le porte-parole de la coalition, le colonel Myles Caggins.
L’arrivée des forces gouvernementales syriennes dans cette ville contrôlée depuis juillet 2018 par un conseil militaire composé de combattants arabes et kurdes est une première depuis 2012. La ville est située à 30 kilomètres de la frontière turque.
La police militaire russe « mène des patrouilles aux frontières nord-ouest de la région, le long de la ligne de contact » entre les forces syriennes et turques, a par ailleurs ajouté le ministère de la défense russe dans un communiqué. L’envoyé spécial russe pour la Syrie, Alexandre Lavrentiev, a de son côté assuré que Moscou ne permettrait pas des affrontements entre les armées turque et syrienne. De tels affrontements « ne sont dans l’intérêt de personne et seraient inacceptables », a-t-il déclaré, cité par l’agence publique TASS depuis Abou Dhabi, où le président russe, Vladimir Poutine, est en déplacement.
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Retrait des ONG internationales
Plus tôt, les autorités kurdes en Syrie avaient annoncé un arrêt des activités de « toutes » les ONG internationales et le retrait de leurs employés du nord-est du pays. « La situation des déplacés a empiré dans les régions visées par l’agression [turque], avec l’arrêt total de l’aide humanitaire, l’arrêt des activités de toutes les organisations internationales et le retrait de leurs employés », d’après un communiqué de l’administration semi-autonome kurde.
Lundi, l’organisation internationale Mercy Corps a annoncé « la suspension de ses opérations dans le nord-est de la Syrie et l’évacuation de son personnel international ». L’ONG était engagée dans ce secteur depuis 2014 pour livrer de l’aide humanitaire aux civils. « C’est un scénario cauchemardesque », a regretté le directeur adjoint chargé de la Syrie pour Mercy Corps, Made Ferguson. « Il y a des dizaines de milliers de personnes qui fuient et nous n’avons aucun moyen de les atteindre (…). Nous ne pouvons pas travailler avec les bombardements intenses, les routes fermées », et les mouvements sur le terrain des différentes forces en présence, a-t-il ajouté.
Plusieurs agences de l’Organisation des nations unies (ONU) ont de leur côté annoncé la poursuite de leurs activités malgré certaines difficultés. « Nous continuons d’envoyer de la nourriture d’urgence et aussi la nourriture habituelle qu’on envoie tous les mois », a expliqué le porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), Herve Verhoosel, tout en reconnaissant des « perturbations » dans la livraison dans certaines zones en raison de problèmes de sécurité.
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