En Corée du Sud, le ministre de la justice emporté par un scandale de népotisme

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Cho Kuk, auparavant pressenti pour succéder au président Moon Jae-in, a démissionné.

Par Publié aujourd’hui à 11h48

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Le ministre sud-coréen de la justice, Cho Kuk, le 14 octobre à Séoul.
Le ministre sud-coréen de la justice, Cho Kuk, le 14 octobre à Séoul. – / AFP

A peine trente-cinq jours après son entrée en fonctions, sous le feu d’accusations de népotisme, le ministre sud-coréen de la justice, Cho Kuk, a démissionné lundi 14 octobre, un choix qui fragilise l’administration du président progressiste Moon Jae-in, dont il est un des plus proches alliés. M. Cho était considéré comme un successeur potentiel de M. Moon en 2022.

Ce départ intervient après un incessant battage médiatico-judiciaire autour de son entourage familial, accusé de malversations financières et de manquements à l’éthique. « Je présente mes excuses pour les enquêtes menées sur ma famille », a-t-il déclaré.

Les attaques ont commencé dès l’annonce, le 9 août, du choix de celui qui était alors secrétaire aux affaires civiles de la présidence, pour prendre la tête de la justice et mener à bien la réforme du parquet, considéré comme ayant trop de pouvoirs. Une telle réforme était une promesse de campagne de M. Moon.

M. Cho a longtemps travaillé sur ce projet régulièrement évoqué par les gouvernements progressistes. Pour lui, « tout organe gouvernemental ayant une autorité excessive menace inévitablement les droits et les libertés civiles ». Il est officiellement devenu ministre le 9 septembre.

Climat tendu

Au moment de sa démission, Cho Kuk a expliqué être resté à son poste le temps d’amorcer cette réforme du parquet. Quelques heures avant son départ, il a annoncé des mesures pour supprimer une partie des services d’enquête spéciale, structures d’élite qui travaillent sur les allégations de corruption impliquant des personnalités haut placées. Ces services sont régulièrement critiqués pour leurs liens étroits avec les hommes politiques et les milieux d’affaires. Seuls trois resteront en place et seront renommés « unités d’enquête anticorruption ».

Cho Kuk avait également évoqué la révision de certaines pratiques controversées, telles que les interrogatoires tardifs pendant de longues heures et l’annonce publique des charges visant les suspects.

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Son travail sur cette réforme, souhaitée par une majorité de la population, s’est déroulé dans un climat tendu, marqué par les révélations par la presse le concernant. Le parquet, présidé par Yoon Seok-youl – pourtant nommé à ce poste par le président Moon avec l’espoir qu’il travaille avec M. Cho sur la réforme de ses services –, a lancé de multiples investigations sur la foi de ces révélations. La totalité des personnels des quatre départements du bureau d’enquêtes spéciales du parquet a été mobilisée, de même que d’autres venus de différents services. Cette mobilisation a provoqué une pénurie de procureurs, qui a contraint l’administration à en faire venir de province pour les affaires courantes.

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