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La Française n’est pas parvenue jeudi à convaincre les eurodéputés de son intégrité à l’issue d’une seconde audition.
Elle les avait appelé à statuer en leur « âme et conscience ». Cela n’aura pas suffit. Les eurodéputés ont rejeté, jeudi 10 octobre, la candidature de la Française Sylvie Goulard à la Commission européenne, au terme d’une seconde audition visant à répondre aux doutes sur son intégrité, d’après des parlementaires européens.
Les sept coordinateurs des partis politiques doivent « évaluer » les réponses données par la candidate. Un vote à bulletins secrets a été organisé : 82 voix ont voté contre, et 29 pour.
Le Parlement européen été appelé à décider si Sylvie Goulard a toutes les compétences requises pour assumer un très important portefeuille regroupant le marché intérieur, l’industrie, la défense, l’espace, le numérique et la culture, et si elle présente toutes les garanties d’intégrité personnelle et d’indépendance.
Le Parti populaire européen, première force politique au Parlement européen, avait d’ores et déjà fait savoir qu’il voterait contre.
Les doutes exprimés sur son intégrité et son indépendance lui ont imposé de répondre à des questions écrites après sa première audition le 2 octobre. Elles ont été jugées insuffisantes et l’ont obligée à se soumettre à l’épreuve d’une seconde audition.
Activités pour l’Institut Bergruen
Deux enquêtes sont en cours, l’une par la justice française, l’autre par l’Office européen de lutte antifraude (OLAF) sur sa participation à un système d’emplois fictifs pour son parti, le MoDem, en rémunérant un assistant parlementaire en France avec les fonds européens accordés aux députés par le Parlement européen.
« Mme Goulard doit expliquer pourquoi une enquête qui l’a contrainte à démissionner de son poste de ministre en France ne l’empêcherait pas de devenir commissaire européen », a expliqué le chef d’un groupe politique avant l’audition.
Des interrogations ont également été émises sur les activités ayant justifié d’importantes rémunérations reçues entre 2013 et 2016 de l’Institut Berggruen, fondé par le milliardaire germano-américain Nicolas Berggruen, alors qu’elle était députée européenne. L’OLAF a confirmé à l’Agence France-Presse enquêter sur d’« éventuelles irrégularités concernant les activités que Mme Goulard a menées pour l’Institut Bergruen alors qu’elle était députée européenne ».
Sylvie Goulard a rappelé jeudi qu’elle n’avait pas été mise en examen et a invoqué la présomption d’innocence pour refuser de retirer sa candidature.
Elle a insisté sur la confiance que lui avait accordée la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et a déclaré que si elle venait à être mise en examen, elle démissionnerait dès lors que Mme von der Leyen l’exigerait.
« C’est maintenant à vous de prendre votre décision en votre âme et conscience, en garantissant la présomption d’innocence », a-t-elle conclu.
Goulard s’« engage à démissionner » en cas de condamnation
Visée par une enquête dans le cadre des emplois fictifs du MoDem, Sylvie Goulard a essayé, lors de sa première audition par les eurodéputés, le 2 octobre, d’expliquer pourquoi elle avait démissionné en juin 2017 de son poste de ministre des armées d’Emmanuel Macron, et pourquoi elle ne voyait pas de raison de refuser l’offre d’Ursula von der Leyen d’être commissaire au marché intérieur. « Si je suis confrontée à des décisions judiciaires, telles qu’une mise en examen, je me demanderai si je peux continuer à exercer efficacement mon mandat », assure Mme Goulard, mardi 8 octobre, dans les réponses écrites qu’elle a transmises au Parlement européen, à la suite des questions qui lui ont été adressées. « Je consulterai ensuite, conformément au code de conduite de la Commission, la présidente [de la Commission européenne, Ursula von der Leyen] sur les mesures à prendre », poursuit la Française, qui néanmoins s’« engage à démissionner » si elle était « condamnée par un jugement définitif pour une infraction relevant de l’exercice d’une fonction publique ». Un point de vue qu’elle aura tout loisir de justifier lors de sa seconde audition par les eurodéputés, jeudi 10 octobre.
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