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Face à l’avance prise par les Etats-Unis et la Chine dans les technologies numériques, le commissaire européen à la sécurité invite les pays membres à promouvoir des acteurs européens puissants dans une tribune publiée par « Le Monde » et par « Handelsblatt », un journal allemand.
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Tribune. Les technologies numériques transforment radicalement le paysage économique mondial. En 2001, seule une des cinq plus grandes entreprises au monde en termes de capitalisation boursière était une entreprise numérique. Aujourd’hui, les cinq plus grandes entreprises sont dans le secteur du numérique, mais aucune n’est européenne.
De même, aucune entreprise européenne ne figure parmi les quinze premières entreprises mondiales dans le secteur du numérique. Par conséquent, la contribution des entreprises européennes à la chaîne d’approvisionnement numérique globale a diminué, même si l’Europe reste l’un des plus grands marchés mondiaux de produits et services numériques.
Pendant ce temps, nous entrons dans une nouvelle ère de concurrence entre grandes puissances où l’Europe doit défendre ses intérêts et les institutions multilatérales qui les sous-tendent. La réalité est que les pays européens sont de plus en plus vulnérables aux pressions extérieures qui les empêchent d’exercer leur souveraineté – en particulier dans le domaine technologique.
Transferts de technologie
Donc, pour prospérer et conserver notre indépendance dans un monde de concurrence géopolitique, nous devons relever les défis interdépendants en matière de sécurité et d’économie – en maintenant notre soutien à un ordre mondial fondé sur des règles.
Les acquisitions chinoises récentes dans l’Union européenne (UE) sont deux fois plus importantes que celles effectuées par l’UE en Chine. Dans certains secteurs, les entreprises de l’UE ne peuvent pas facilement réaliser des fusions et des acquisitions, mais doivent se lancer dans des joint-ventures avec des entreprises chinoises, transférant ainsi des technologies et des droits de propriété intellectuelle.
En outre, les entreprises européennes sont confrontées à des conditions difficiles lorsque la Chine impose des limitations à l’accès aux marchés et que la protection des droits de propriété intellectuelle laisse à désirer. Dans le même temps, les Etats-Unis bénéficient davantage de la montée en puissance de la science chinoise que l’UE. En 2017, les Etats-Unis ont accueilli deux fois plus de chercheurs chinois et ont publié trois fois plus de publications conjointes internationales avec la Chine que l’Union européenne.
Agir ensemble
Cela désavantage l’Union européenne, ses entreprises et ses citoyens, non seulement vis-à-vis de la Chine, mais aussi au niveau mondial, alors que nous travaillons à la croissance de nos entreprises, que nous vendons nos produits sur nos marchés et à l’étranger et que nous investissons dans notre sécurité.
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