Nouvelles manifestations sanglantes en Irak, la contestation prend de l’ampleur dans le sud

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Au total, 25 manifestants et deux policiers ont été tués depuis le début à Bagdad, mardi, d’un mouvement pour l’emploi et contre la corruption. Le mouvement a depuis gagné la quasi-totalité du sud du pays.

Le Monde avec AFP Publié aujourd’hui à 19h44

Temps de Lecture 2 min.

Des manifestants fuient la police antiémeute, à Bagdad, le 3 octobre.
Des manifestants fuient la police antiémeute, à Bagdad, le 3 octobre. AHMAD AL-RUBAYE / AFP

Les affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants sont chaque jour de plus en plus sanglants en Irak. Au troisième jour d’un mouvement pour l’emploi et contre la corruption, six manifestants ont été tués par balles, jeudi 3 octobre, à Nassiriya, au sud de Bagdad, a annoncé le directeur de la santé de la province locale.

Au total, 25 manifestants et deux policiers ont été tués depuis le début, mardi, à Bagdad d’un mouvement qui a depuis gagné la quasi-totalité du sud du pays. Arrivés par camions dans le centre de Bagdad et brandissant des drapeaux irakiens, des milliers de manifestants faisaient face jeudi après-midi à des policiers antiémeute et des militaires qui forment des chaînes humaines aux abords des ministères. Inédites au regard de leur caractère d’apparence spontanée, ces vagues de protestataires se dirigent vers la place Tahrir, lieu de rendez-vous traditionnel des manifestants dans la deuxième capitale la plus peuplée du monde arabe.

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Ces manifestations sont un test majeur pour le gouvernement d’Adel Abdel Mahdi, qui doit souffler sa première bougie à la fin du mois. Dans la rue, les contestataires demandent notamment des services publics fonctionnels dans un pays en pénurie d’électricité et d’eau potable depuis des décennies, des emplois pour les jeunes alors qu’un sur quatre d’entre eux est au chômage, et la fin de la corruption qui a englouti en seize ans plus de quatre fois le budget de l’Etat – soit 410 milliards d’euros.

Couvre-feu et coupure d’Internet

Les autorités, qui dénoncent des « saboteurs » parmi les protestataires, ont réagi en instaurant dans la nuit un couvre-feu à Bagdad et dans plusieurs villes du Sud, sans que cela n’entrave l’amplification du mouvement. Internet, d’où sont partis les appels à manifester, a également été coupé dans une grande partie du pays.

A cette heure, aucun parti politique ni chef religieux n’a revendiqué la paternité du mouvement, une rareté dans un pays habitué aux clivages confessionnels. Mercredi soir, toutefois, le leader chiite Moqtada Al-Sadr a appelé ses très nombreux partisans, qui avaient déjà paralysé le pays en 2016 avec des manifestations à Bagdad, à organiser des « sit-in pacifiques ». S’ils rejoignent effectivement les rangs des manifestants, dont le nombre n’a cessé de grossir au fil de la journée, ils pourraient changer la donne dans les affrontements, qui éclatent généralement en fin d’après-midi pour continuer jusqu’à l’aube.

A défaut d’une filiation claire, le mouvement apparaît marqué du point de vue géographique : tandis que Bagdad et le Sud s’embrasent, le calme prévaut au nord et à l’ouest de Bagdad, régions principalement sunnites et récemment ravagées par la guerre contre le groupe Etat islamique (EI), ainsi que dans le Kurdistan autonome.

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