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Une cinquantaine de personnes ont été blessées, notamment par des tirs de balles en caoutchouc. Selon l’Agence France-Presse, la police a aussi tiré à balles réelles sur la foule.
A Bagdad, la capitale irakienne, les forces de l’ordre ont violemment dispersé, mardi 1er octobre, le premier mouvement social d’envergure auquel est confronté le gouvernement en place depuis près d’un an.
Plus d’un millier de manifestants s’étaient réunis dans la capitale pour dénoncer la corruption et réclamer des emplois et des services publics. « Les voleurs nous ont pillés », ont scandé les protestataires, dont le pays est ravagé par la corruption et les guerres, et touché par une pénurie chronique d’électricité et d’eau potable depuis des années.
Les forces de l’ordre ont fait usage de canons à eau et de grenades lacrymogènes. Une cinquantaine de personnes ont été blessées, soit par des tirs de balles en caoutchouc, soit en suffoquant du fait des gaz lacrymogènes, selon des sources policières et médicales.
Des journalistes de l’Agence France-Presse assurent que les forces de l’ordre ont également tiré à balles réelles d’une haute tour désaffectée qui surplombe la place Tahrir, point de rendez-vous traditionnel des manifestations, et le pont Al-Joumhouria, qui mène à la « zone verte » où siègent l’ambassade américaine et le Parlement.
Douzième pays le plus corrompu du monde
Traditionnellement, les cortèges prennent la direction de la « zone verte » mais étaient jusqu’en juin interdits d’accès par des murs de béton et des barrages militaires. Depuis, la zone a été ouverte à tous et les autorités craignent une entrée des manifestants, qui pourraient paralyser les institutions qui s’y trouvent.
L’Irak est le douzième pays le plus corrompu du monde selon l’organisation non gouvernementale Transparency International. Selon les instances officielles, la corruption a englouti, depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, au moins 410 milliards d’euros, soit quatre fois le budget de l’Etat et plus de deux fois le produit intérieur brut (PIB) de l’Irak.
Parmi les manifestants, mardi, certains appelaient sous une nuée de drapeaux irakiens à lancer un sit-in illimité et à maintenir la mobilisation jusqu’à obtenir « la fin de l’injustice » et « des services et des emplois ».
Outre les slogans réclamant du travail pour les jeunes – dont le taux de chômage de 25 % est deux fois supérieur à la moyenne nationale – et des services publics, des manifestants brandissaient des affiches de soutien au général Abdel Wahab Al-Saadi. Ce dernier, patron du contre-terrorisme, des unités d’élite créées et armées par les Américains, a été mis à l’écart la semaine dernière par le premier ministre Adel Abdel Mahdi, provoquant une levée de boucliers contre une décision vue par des observateurs comme favorable aux factions pro-Iran en Irak.
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