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Yaoundé, la « ville aux sept collines », s’étend sur 180 km2. © MARCO LONGARI/AFP
Crise anglophone, contestation politique, malaise social, âge du capitaine… De plus en plus, le pays de Paul Biya suscite l’inquiétude. Dans l’attente du « grand dialogue national » annoncé pour la fin du mois, voyage au cœur d’une nation immobile, mais qui rêve de changement.
Fédéralisme. Amnistie. Démission. Pendant plusieurs heures, ce 10 septembre, les rumeurs les plus folles ont circulé, entretenues par une mise en scène au suspense hitchcockien. La veille, un communiqué du cabinet du président avait annoncé que Paul Biya prendrait la parole le lendemain. La dernière fois que le taiseux d’Etoudi avait « improvisé » un discours dans des circonstances exceptionnelles remonte aux émeutes de 2008. C’était il y a onze ans.
Ce fut un exercice compliqué pour le chef de l’État camerounais que de concéder – sans se dédire ni perdre la face – un dialogue pour sortir d’une insurrection anglophone qu’il tente sans succès d’écraser par les armes. Usé par trois années de conflit sécessionniste, secoué par une crise postélectorale qui perdure et déchiré par des antagonismes ethniques, le Cameroun est un pays en plein doute.
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