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En cas de gouvernement de coalition excluant la liste Ayman Odeh, celui-ci, fort de ses 13 députés, pourrait devenir le premier parlementaire arabe à diriger l’opposition.
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Il faut voir les responsables des partis arabes rayonner dans les médias israéliens depuis mercredi 18 septembre, au lendemain des législatives israéliennes, pour prendre la mesure d’un moment, probablement éphémère : les voilà qui s’extirpent des marges de la vie politique israélienne. Contre toute attente, la seconde liste unie de leur histoire, après celle de 2015, a mobilisé un électorat qui demeurait confus et apathique, notamment les plus jeunes : ils obtiennent 13 sièges au Parlement, selon des résultats encore non définitifs.
Ils peuvent désormais jouer un rôle important, en recommandant au président, Reuven Rivlin, le candidat qui leur paraît le plus à même de former un gouvernement. Ce ne sera pas M. Nétanyahou, a prévenu leur leader, Ayman Odeh, qui s’emploie à rendre au premier ministre les coups de sa campagne.
M. Nétanyahou a trop usé de la peur du vote arabe pour mobiliser sa base. Cette tactique a fini par pousser ses boucs émissaires vers les urnes. « L’incitation à la haine a un prix, Abou Yair », lançait M. Odeh, mercredi, au père du jeune Yair Nétanyahou, dont les provocations dépassent régulièrement celles du premier ministre.
La recommandation d’un premier ministre ne va pas de soi, pour les partis arabes : ils ne l’ont jamais fait que pour Yitzhak Rabin, en 1992, avant les accords de paix d’Oslo. Ils demeurent par ailleurs échaudés par le refus du principal rival de M. Nétanyahou, Benny Gantz, de les inclure dans un gouvernement d’union, après l’ouverture inédite que M. Odeh lui avait adressée, à la fin août.
Accès aux comptes rendus de sécurité
Une telle association demeure radioactive pour M. Gantz, même si les deux hommes ont convenu de se rencontrer. « Après les précédentes élections d’avril, j’ai contacté [M. Gantz] et je lui ai dit qu’il menait une campagne raciste, lorsqu’il affirmait qu’il ne siégerait pas avec des Arabes. Je lui ai demandé de changer de direction. La vérité est qu’il l’a fait », constatait mercredi M. Odeh, conciliant.
Envisageant de longue date un gouvernement d’union sans les partis arabes, M. Odeh nourrit une autre ambition : « Nous serons le plus large groupe d’opposition, et je deviendrai le premier parlementaire arabe à diriger l’opposition », prédisait-il au Monde, dès le 11 septembre.
Ce statut officiel impose des consultations mensuelles avec le premier ministre, et de rencontrer les officiels étrangers en visite. « C’est un palier significatif, sans précédent pour nous », affirmait M. Odeh, mercredi, à la radio de l’armée. « Quand les présidents du monde entier viendront, ils nous rencontreront aussi. » Si le décompte final des votes ne ramène pas son score à la baisse, et si un vote du Parlement ne le prive pas de cette position, M. Odeh recevrait également des comptes rendus de sécurité de la part des services de renseignement, une perspective qu’il juge « intéressante ».
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