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Le mouvement islamiste multiplie les attaques sur le territoire pour entraver l’élection présidentielle du 28 septembre, dont il conteste la légitimité.
Au moins 15 personnes ont été tuées et un hôpital a été détruit, jeudi 19 septembre, dans un attentat au camion piégé dans le sud de l’Afghanistan, revendiqué par les talibans, qui multiplient les attaques pour entraver l’élection présidentielle du 28 septembre. « Ce matin, une voiture piégée a visé le NDS [les services de renseignement afghans]. L’hôpital régional qui est situé au même endroit a été détruit », a annoncé le gouverneur de la province de Zaboul, Rahmatullah Yarmal, à l’Agence France-presse (AFP).
Selon le porte-parole du ministère de l’intérieur à Kaboul, Nasrat Rahimi, l’attaque, qui « visait un hôpital civil à Qalat (…), a fait 15 martyrs, dont deux policiers, et 66 blessés dont des femmes et des enfants ». Ce bilan « changera probablement », a-t-il prévenu. Une porte-parole du ministère a expliqué plus tôt que l’explosion était due à un camion piégé.
Il s’agit du quatrième attentat en l’espace de trois jours dans ce pays, à moins de dix jours du scrutin au cours duquel les Afghans doivent élire leur président. Ils ont fait près de 70 morts et des dizaines de blessés au total. Trois d’entre eux ont été revendiqués par les talibans. Mardi, au moins 48 personnes ont péri dans deux attentats-suicides, l’un contre un meeting électoral du président Ashraf Ghani en province, et l’autre à Kaboul, qui visait un centre de recrutement de l’armée. Mercredi, quatre civils ont été tués dans un attentat-suicide et un assaut contre un bâtiment officiel de Jalalabad (est).
« Nous avons cru à un tremblement de terre »
L’attaque de jeudi a été revendiquée par un porte-parole des talibans, Qari Yousuf Ahmadi : « Nous avons mené une attaque martyre contre le NDS », a-t-il souligné dans un message, affirmant que le bâtiment avait été complètement détruit. Dans leur revendication de l’attaque contre le meeting du président Ghani le 17 septembre, le mouvement islamiste, qui conteste la légitimité des élections du 28 septembre, avait expliqué qu’elle avait « visé une réunion faisant la promotion d’élections fantoches ». Les talibans avaient dit avoir averti « les gens de ne pas participer aux réunions électorales ».
« L’explosion a secoué notre maison, nous avons cru à un tremblement de terre », a raconté à l’AFP Muqim Ahmad, un commerçant de 30 ans. Un autre témoin, Atif Baloch, étudiant, a rapporté que l’explosion avait « brisé toutes les vitres de la maison ». Il s’est rendu sur place pour constater que « l’hôpital régional était complètement détruit, il y avait des victimes sous les décombres ».
L’élection présidentielle afghane a pris une importance nouvelle depuis l’abandon, le 7 septembre par Donald Trump, des pourparlers avec les talibans sur un retrait des forces américaines. Le gouvernement afghan a été tenu à l’écart de ces négociations et ses responsables voient dans le scrutin du 28 un moyen de revenir dans le jeu. « Toute voie vers la paix » doit passer « par le gouvernement », a déclaré le porte-parole du président, Sediq Sediqqi.
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