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Inconnu en politique il y a un an, il pourrait devenir le successeur de Benyamin Nétanyahou. Benny Gantz a obtenu, selon des estimations quasi définitives, 32 sièges à la Knesset, le Parlement israélien, à l’issue des élections législatives du mardi 17 septembre. C’est autant que son rival du Likoud, l’actuel premier ministre. Dans la nuit de mardi à mercredi, la course des deux concurrents pour former une majorité s’est donc ouverte.
Alors que « Bibi » doit pouvoir compter sur le soutien des partis religieux et de la droite radicale pour former une majorité de sièges au parlement, M. Gantz pourrait accueillir dans sa majorité les partis de gauche et, de manière plus hypothétique, les membres de la « liste unie » des partis arabes.
Mercredi matin, l’ancien général disait vouloir former un « large gouvernement d’union, exprimant la volonté du peuple ». « Nous avons entamé les négociations et je parlerai avec tout le monde », a-t-il ajouté. Dans une tribune publiée lundi dans les principaux quotidiens israéliens, il affirmait vouloir diriger le pays dans « l’intérêt de tous les Israéliens » et « non dans l’intérêt de groupes de pression ».
Carrière fulgurante au sein de Tsahal
L’homme de 60 ans s’est lancé en politique en décembre avec un nouveau parti centriste, Kahol Lavan en hébreu, Bleu-blanc en français, les couleurs du drapeau israélien. En quelques mois, il a réussi à fédérer une partie de l’électorat anti-Likoud pour parvenir, aux élections d’avril dernier, à faire jeu égal avec la liste menée par Benyamin Nétanyahou. Ce dernier n’ayant pas su trouver, au milieu d’une Knesset éclatée entre onze groupes parlementaires, une coalition majoritaire au parlement, de nouvelles élections ont été convoquées pour le 17 septembre.
Depuis, le général Gantz, plus aguerri, est retourné au combat, avec un but : chasser Benyamin Nétanyahou, au pouvoir sans interruption depuis dix ans. Le combat, Benny Gantz connaît : il fut, de 2011 à 2015, le chef d’état-major de l’armée israélienne, couronnement d’une carrière fulgurante au sein de Tsahal, institution centrale de l’Etat hébreu.
Né en 1959 à Kfar Ahim, dans le sud d’Israël, Benyamin « Benny » Gantz est le fils d’un rescapé de la Shoah. Il entre à 18 ans dans l’armée, devient parachutiste et grimpe les échelons à toute vitesse. Commandant de bataillon à 28 ans, brigadier général à 39, général à 42 ans, il est surnommé « le prince » dans les rangs, selon un portrait que lui a consacré le New York Times en janvier dernier. Lors de la dernière guerre à Gaza, c’est lui qui est aux commandes de l’armée israélienne. Dans une vidéo de campagne au printemps dernier, il se targuait du nombre de « terroristes » palestiniens tués durant cette opération en 2014, sans y évoquer les victimes civiles.
Une politique sécuritaire proche de Nétanyahou
De sa vie sous les drapeaux, Benny Gantz garde une approche sécuritaire de la politique, pas si éloignée de celle de Benyamin Nétanyahou. S’il avait pris la parole, en 2012, pour relativiser la menace iranienne en qualifiant ses dirigeants de « gens très rationnels », sa vision d’un Israël menacé de toute part (Iran, Hezbollah au Liban, Hamas dans la bande de Gaza) s’accorde avec celle du Likoud.
« Je ne prévois aucun changement réel en termes de politique de sécurité » en cas de victoire de Bleu-blanc, expliquait à l’Agence France-Presse Jonathan Freeman, politologue à l’Université hébraïque de Jérusalem. Benny Gantz a d’ailleurs fait alliance avec deux autres anciens chefs d’état-major : Moshe Yaalon, ancien ministre de la défense de M. Nétanyahou, et Gaby Ashkenazi, en poste au cours du deuxième mandat de « Bibi » en 2009.
Le leader de Kahol Lavan affirme vouloir conserver le contrôle militaire israélien sur la majeure partie de la Cisjordanie occupée. Dans son manifeste, le parti Bleu-blanc prône une séparation entre Israéliens et Palestiniens, sans toutefois nommer spécifiquement la solution à « deux Etats », qui prévoit la création d’un Etat palestinien coexistant avec Israël.
« Tolérance zéro » contre la corruption
En politique intérieure, Benny Gantz affiche un visage plus libéral que « Bibi », qu’il accuse de mettre en péril les institutions du pays – l’actuel premier ministre doit comparaître devant la justice le 3 octobre pour des affaires de corruption. Père de quatre enfants, ce grand fan de football a étudié l’histoire et la science politique dans son pays avant d’étudier à la National Defense University, aux Etats-Unis. La tête haute, le regard droit, Benny Gantz préconise la « tolérance zéro » contre la corruption et s’affiche en rassembleur.
Charge désormais au président Reuven Rivlin, dans les prochains jours, de choisir qui, de Gantz ou de Nétanyahou, sera le mieux placé pour former un gouvernement.
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