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La cité portuaire polonaise élit dimanche son nouveau maire, après l’assassinat, en janvier, de Pawel Adamowicz.
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Trente ans après la chute du communisme, la ville de Gdansk semble être, une fois de plus, l’endroit où l’histoire de la Pologne s’écrit. La cité portuaire de la Baltique, joyau de l’architecture gothique de briques rouges, qui a donné naissance au syndicat Solidarnosc et fut l’épicentre de la lutte contre le communisme, est redevenue le catalyseur des passions et des réflexions qui secouent la société polonaise. Alors que depuis 2015 à Varsovie, les fondements de l’Etat de droit sont minés par la majorité ultraconservatrice du PiS (Droit et Justice), Gdansk fait figure de résistante de la première heure. Les élections municipales anticipées qui s’y déroulent dimanche 3 mars promettent d’en être à nouveau le symbole.
Le scrutin vise à désigner le successeur de Pawel Adamowicz, dont l’assassinat, le 14 janvier, a constitué un électrochoc pour l’ensemble du pays. A Gdansk, beaucoup comparent le moment d’unité nationale qui a suivi au deuil après la catastrophe aérienne de Smolensk, qui a coûté la vie au président Lech Kaczynski en 2010, ou à la mort du pape Jean Paul II. L’événement a fait prendre conscience que le langage de haine et l’ambiance délétère du débat public peuvent avoir des conséquences tragiques.
Aleksandra Dulkiewicz, qui a été pendant plus de dix ans la première des fidèles de M. Adamowicz, en tant que conseillère municipale puis adjointe au maire, devrait être élue à une écrasante majorité dimanche. Sans contre-candidat sérieux, elle est soutenue par une très large union politique, qui fait figure de test à un rassemblement de l’opposition nécessaire pour battre le PiS lors des élections législatives de l’automne. « Cette tragédie aurait pu profondément diviser la ville, mais elle nous a au contraire unis, confie Mme Dulkiewicz. Le débat est devenu moins violent, les gens plus aimables et souriants les uns envers les autres. C’est très perceptible. » Elle dit vouloir s’inscrire « dans l’héritage et la continuité » de M. Adamowicz. Son testament serait celui d’une ville « ouverte et tolérante ».
Réputé pour sa tolérance
Car bien que conservateur et fervent catholique, Pawel Adamowicz s’était, au fil des années, révélé un homme réputé pour sa tolérance. Depuis 2015, il était de toutes les manifestations pour la défense de la démocratie et de l’Etat de droit en Pologne. Face aux tendances centralisatrices du PiS, il était en première ligne pour défendre l’autonomie des collectivités locales. En 2017, il défilait même en tête du cortège de la gay pride de Gdansk, un événement qu’il avait fait interdire quinze ans plus tôt. « Pour moi, en tant que catholique, il est évident que chacun mérite le respect, et que celui qui prend au sérieux le message chrétien d’amour ne peut pas faire preuve d’agressivité ou de haine », avait-il déclaré. « Le vent marin a tendance à aérer les têtes », s’amuse Aleksandra Dulkiewicz pour expliquer ce virage à gauche.
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