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Lundi matin, les prix de l’or noir ont augmenté de plus de 10 %. Cette hausse illustre la crainte d’un conflit plus important au Proche-Orient.
Les cours du pétrole se sont envolés, lundi 16 septembre, à la suite des attaques de drones contre des installations pétrolières en Arabie saoudite, samedi, qui ont réduit de moitié la production de pétrole du royaume.
Le cours du brent est monté de 10 % à 66 dollars le baril après avoir gagné jusqu’à 19,5 %. Cette hausse spectaculaire des prix était attendue, et toute la question est aujourd’hui de savoir à quel point elle sera durable.
Dès samedi, tradeurs et acteurs du marché pétrolier ont identifié les risques. « Cette attaque est le “Big One” [seisme] », lançait ainsi le Wall Street Journal, en référence au surnom donné à un tremblement de terre dévastateur. Plusieurs observateurs partagent l’idée que ces attaques contre les installations du géant public Aramco sont celles de trop dans le conflit larvé entre l’Arabie saoudite et l’Iran, et leurs alliés respectifs. Dimanche, les Etats-Unis se sont déclarés « prêts à riposter ».
La production saoudienne réduite de moitié
La hausse spectaculaire des cours du pétrole constatée lundi pourrait durer, voire s’aggraver, si les réparations des installations concernées devaient durer. Les attaques ont réduit de plus de la moitié la production saoudienne, qui perd ainsi 5,7 millions de barils par jour – ce qui correspond à environ 5 % de l’offre mondiale. C’est la plus soudaine baisse de production de l’histoire du pétrole, plus encore que lors de la première guerre du Golfe.
Le cabinet spécialisé Rystad Energy table sur une hausse d’au moins 10 dollars dans les jours qui viennent. Les analystes de Goldman Sachs estiment que si les Saoudiens rétablissent la production dans les trois jours, la hausse sera contenue entre 3 et 5 dollars. Mais ils préviennent que toute coupure de plus de six semaines ferait monter les prix de plus de 15 dollars et modifierait structurellement le marché mondial, en faisant perdre des parts de marché significatives au pétrole saoudien.
Selon plusieurs agences de presse, le retour à la normale pourrait prendre des semaines, contrairement aux premières informations données par le pouvoir saoudien. Mais Aramco assure disposer de réserves suffisantes – dans le Royaume, mais aussi au Japon, aux Pays-bas et en Egypte – pour continuer d’assurer ses exportations.
Confiance des tradeurs
Paradoxalement, cette hausse – si elle est ponctuelle – ne serait pas forcément une mauvaise nouvelle pour l’Arabie saoudite, qui souhaite voir les prix monter depuis déjà plusieurs mois. De même, à Téhéran, on se félicitera probablement de voir les cours monter.
Mais cette situation risque aussi de peser lourdement sur la confiance des tradeurs vis-à-vis de Riyad. « Abqaïq est le centre névralgique du système énergétique saoudien. Même si les exportations devaient reprendre sous vingt-quatre à quarante-huit heures, son image d’invulnérabilité est grandement affectée », a déclaré à Reuters Helima Croft, de RBC Capital Markets.
D’autant que Mohammed Ben Salman, le prince héritier du royaume, a particulièrement besoin de stabilité pour assurer une introduction en Bourse d’Aramco, le géant pétrolier national. Une rupture d’approvisionnement trop longue ou une autre attaque dans les jours qui viennent pourrait compromettre ce projet crucial pour les finances du pays.
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