Matteo Salvini tente le retour aux sources pour rassurer sa base et soigner ses blessures

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En difficulté depuis son coup de force raté du 8 août, l’ex-ministre de l’intérieur a réuni, dimanche, plusieurs dizaines de milliers de partisans à Pontida, le berceau de la Ligue.

Par Publié aujourd’hui à 06h32

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Matteo Salvini prend un bain de foule à Pontida, en Lombardie, le 15 septembre.
Matteo Salvini prend un bain de foule à Pontida, en Lombardie, le 15 septembre. MIGUEL MEDINA / AFP

La Mecque de la Ligue est un grand rectangle de pelouse longeant une route reliant les villes lombardes de Bergame et Lecco, au pied des premiers contreforts des Alpes. C’est sur ce terrain quelconque du bourg de Pontida – le fief originel du parti d’extrême droite, au nord de l’Italie – que l’ancien ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, a choisi de réunir le peuple de ses partisans, dimanche 15 septembre, pour le premier grand rassemblement public depuis son éviction du pouvoir, après son coup de force raté du 8 août.

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Malgré le revers subi par le « capitaine », force est de constater que ses fans n’ont pas déserté : sans doute l’affluence n’a-t-elle pas atteint les 80 000 personnes annoncées par l’organisation, mais ils étaient à coup sûr plusieurs dizaines de milliers, peut-être 50 000, venus de tout le pays.

Après la mise sur pied d’une coalition formée de son ancien allié, le Mouvement 5 Etoiles (M5S, « antisystème »), et du Parti démocrate (centre gauche), dans le but d’éviter des élections anticipées, l’idée qu’il a commis une magistrale erreur tactique s’est installée, avec des conséquences désastreuses pour l’ensemble de la droite italienne. Pour la direction de la Ligue, il s’agit au plus vite de reprendre la main auprès de la base militante en imposant une autre narration : celle d’une alliance de bric et de broc, démocratiquement illégitime, facilitée par la « trahison » des Cinq Etoiles, qui se sont vendues « pour quelques fauteuils » à la gauche et à l’Europe. Le thème est martelé par chacun des orateurs qui se succèdent, tout au long de la journée.

La patience, « la plus noble des vertus »

Matteo Salvini, qui monte sur scène devant un auditoire chauffé à blanc – la journée a été émaillée d’incidents avec la presse, un envoyé spécial de La Repubblica ayant été agressé tandis que le journaliste Gad Lerner était la cible d’attaques xénophobes et antisémites – paraît presque apaisé. Il ouvre son discours, de façon très inhabituelle, par une citation du poète Giacomo Leopardi, pour qui la patience est « la plus noble des vertus ». Puis il incite ses partisans à l’imiter : « Ils [les membres de la nouvelle coalition gouvernementale] peuvent échapper au vote pendant un temps, mais pas à l’infini ». Suivront, en à peu près quarante minutes, des citations de l’ancienne première ministre du Royaume-Uni Margaret Thatcher, du constructeur italien Enzo Ferrari ou du pape Jean Paul II, ainsi que de nombreuses références à l’église catholique – les signes religieux sont nettement plus présents dans l’assistance que lors des précédentes éditions.

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