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L’ancien premier ministre britannique, 52 ans, qui a déclenché le référendum sur le Brexit en 2016, s’est confié au « Times » et publie ses mémoires – « For the record » – le 19 septembre.
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David Cameron sort de son silence. Dans le cadre d’une opération promotionnelle rondement menée, l’ancien premier ministre britannique, par qui le référendum sur l’Union européenne (UE) est arrivé, s’est confié dans une interview fleuve au Times, vendredi 13 septembre. Le journal a par ailleurs égrainé, durant tout le week-end, les bonnes feuilles de ses mémoires (For the record, chez HarperCollins, non traduit), en vente à partir du 19 septembre.
Que cherche l’ex-député conservateur, 52 ans, qu’une large majorité de la population considère comme responsable de la profonde crise politique dans laquelle le Royaume-Uni est plongé ? Manifestement, à rétablir sa vérité. Il règle aussi beaucoup ses comptes, notamment avec l’actuel premier ministre, Boris Johnson. Et soulage – un peu – sa conscience.
« J’ai échoué », reconnaît David Cameron, qui avait été obligé de démissionner quelques jours après le référendum, gagné par les Brexiters à 51,8 %. Cet échec, « j’y pense tous les jours », assure l’ex-premier ministre au Times, qui avoue même des épisodes dépressifs. Pas question, cependant, de regretter l’organisation de cette consultation populaire, qui a pourtant divisé le pays comme jamais, et complètement paralysé sa classe politique.
Un référendum « inévitable »
Le référendum était « inévitable », assure-t-il, « spécialement depuis la crise de la zone euro, l’UE changeait sous nos yeux, et notre situation précaire en son sein devenait encore plus difficile à tenir ». Un des moindres paradoxes de cette consultation populaire, c’est qu’elle était aussi destinée à réconcilier une bonne fois pour toutes le parti conservateur autour de la question européenne, mais qu’elle l’a fracturé au point qu’il est désormais menacé de schisme. Dimanche, un nouveau député Tory, Sam Gyimah, ex-étoile montante du cabinet de Theresa May, a annoncé sa défection pour les Libéraux démocrates.
M. Cameron reconnaît quand même qu’il a peut-être soulevé « trop d’espoirs » autour des concessions qu’il espérait décrocher de Bruxelles, avant de lancer la campagne référendaire, au printemps 2016. Les Européens lui ayant accordé des réformes essentiellement symboliques, la presse « lui est tombée dessus ». « J’aurais dû aussi davantage parler des vraies réussites de l’UE », reconnaît M. Cameron, qui avait surtout beaucoup critiqué la construction commune, avant d’en dire enfin du bien, sur les trois derniers mois avant le référendum.
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