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Le porte-parole de l’UDS risque dix ans d’emprisonnement. Avec Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs, il est le deuxième opposant au pouvoir en place à dormir en prison.
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L’étau sécuritaire et judiciaire se resserre autour des figures de la contestation en Algérie, à quelques jours de la convocation probable du corps électoral par le président par intérim, Abdelkader Bensalah, en vue de l’organisation d’une présidentielle avant la fin de l’année.
Il ne se sera pas passé vingt-quatre heures avant que le pouvoir algérien ne passe, cette fois, de la parole aux actes. « Hordes », « logique de bande », « parties hostiles » : mercredi 11 septembre, le chef d’état-major de l’armée et dirigeant de facto du pays, Ahmed Gaïd Salah, a une nouvelle fois vivement attaqué les opposants à la sortie de crise qu’il préconise – une élection dans les plus brefs délais – alors que les manifestations demandant le départ du régime reprennent de la vigueur depuis la rentrée.
Après de nombreuses heures sans nouvelles, jeudi 12 septembre, les proches et avocats de Karim Tabbou, porte-parole de l’Union démocratique et sociale (UDS), ont appris sa présentation devant le procureur de Koléa, à l’est d’Alger. Poursuivi pour « entreprise de démoralisation de l’armée » puis placé en détention provisoire, il risque jusqu’à dix ans de prison.
« Pratiques de mercenaires »
Karim Tabbou avait été interpellé la veille, à son domicile d’Alger, par deux hommes en civil. Sa disparition a très vite suscité une vague de condamnations du côté de l’opposition, à l’image du président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, opposition laïque), Mohcine Belabbas, qui dénonçait, jeudi matin, « des pratiques de mercenaires ».
Après Louisa Hanoune, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, arrêtée et incarcérée le 9 avril, Karim Tabbou est la deuxième personnalité de l’opposition à dormir aujourd’hui en prison. Il est également le deuxième à être poursuivi sous le chef d’inculpation d’« entreprise de démoralisation de l’armée ». L’autre est le vétéran de la guerre d’indépendance et ancien commandant de l’Armée de libération nationale (ALN), Lakhdar Bouregaa, 86 ans, incarcéré depuis le 30 juin et qui, lui aussi, s’est distingué par ses critiques virulentes à l’endroit du chef d’état-major de l’armée.
A Karim Tabbou, il serait notamment reproché des propos tenus le 8 mai, en marge des commémorations des massacres du 8 mai 1945. Ce jour-là, à Kherrata, à 250 kilomètres à l’est d’Alger, dans cette ville symbole des tueries de 1945, et qui est aussi un berceau de la contestation actuelle, il avait notamment accusé le général Gaïd Salah de « violer lui-même la Constitution qu’il cherche à [nous] imposer. »
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