jusqu’à vingt ans de prison pour les instigateurs

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L’issue du procès, très attendue par la population, faisait figure de test pour l’appareil judiciaire.

Par Publié aujourd’hui à 10h45

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Le général Gilbert Diendéré à Ouagadougou, en septembre 2015.
Le général Gilbert Diendéré à Ouagadougou, en septembre 2015. AP

Fin d’un marathon judiciaire. Quatre ans après les faits, à l’issue de près de dix-huit mois d’audiences scandées de multiples suspensions et de reports, le verdict du procès du putsch manqué du 16 septembre 2015 au Burkina Faso est enfin tombé, lundi 2 septembre. Les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, accusés d’être les principaux instigateurs du coup d’Etat qui avait fait 14 morts et 270 blessés, ont été condamnés respectivement à vingt ans et dix ans de prison ferme. Ancien bras droit de l’ex-président Blaise Compaoré, M. Diendéré a été reconnu coupable d’« attentat à la sûreté de l’Etat », de « meurtre » et de « coups et blessures volontaires ». M. Bassolé, ancien ministre des affaires étrangères, de « trahison ».

« C’est un procès historique. Pour la première fois au Burkina depuis l’avènement de la quatrième République, caractérisée par une culture de l’impunité et des crimes de sang, on voit des militaires et des personnalités alors considérées comme intouchables répondre de leurs actes », souligne le politologue Abdoul Karim Saidou, pour qui ce dossier brûlant faisait également figure de test pour l’appareil judiciaire. « C’est le procès du Régiment de sécurité présidentielle [RSP]. Il nous aura permis de comprendre son fonctionnement : plus qu’une armée dans l’armée, c’était une véritable milice sans aucune hiérarchie, en marge de la République et même de l’état-major, une bombe à retardement », déclare l’avocat Guy Hervé Kam.

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Du côté de la société civile, le verdict a été diversement accueilli. « La justice burkinabée a marqué son coup (…). C’est déjà un pas vers l’harmonie au Burkina, les cœurs vont pouvoir s’apaiser, on en a besoin », se réjouit Kientega Pingdéwindé Gérard, artiste et membre du mouvement Le Balai citoyen. Serge Bayala, blessé lors des manifestations anti-putsch, fait un constat plus amer : « Nous avons payé de nos vies pendant l’insurrection pour que la justice burkinabée puisse redevenir juste. Malheureusement, au nom de la recherche de la réconciliation nationale, on a préféré donner des peines minimales », s’indigne ce jeune militant, qui aurait préféré une peine de « prison à vie » pour les principaux accusés.

« Etape importante »

Dans la soirée, le parti présidentiel Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) s’est, lui, félicité de « l’aboutissement » du procès « malgré les entraves qui ont émaillé son déroulement ». « Une étape importante de la vie politique agitée de la transition se referme, quelles que soient les appréciations que l’on se fait des conclusions du procès », a déclaré son porte-parole, Simon Compaoré. Pour l’heure, difficile de savoir si ce jugement permettra d’amorcer un début de réconciliation au Burkina Faso, toujours divisé depuis la chute de Blaise Compaoré, et au sein de l’armée, fortement fragilisée par la multiplication des attaques terroristes ces dernières années.

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