Boris Johnson prêt à la confrontation avec le Parlement

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A la veille d’une semaine cruciale à Westminster, le premier ministre a estimé qu’un décalage du Brexit « affaiblirait » la position de négociation du Royaume-Uni.

Par Publié aujourd’hui à 05h44, mis à jour à 05h50

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Boris Johnson prend la parole devant le 10 Downing Street, à Londres, le 2 septembre.
Boris Johnson prend la parole devant le 10 Downing Street, à Londres, le 2 septembre. BEN STANSALL / AFP

Une dernière tentative pour maintenir l’unité dans son camp conservateur, au bord du schisme ? Ou plutôt un ultime coup de bluff avant le début des hostilités ? Boris Johnson a pris brièvement la parole devant Downing Street, lundi 2 septembre, à la veille d’une semaine cruciale à Westminster, pour enjoindre de nouveau la vingtaine de « rebelles » de son propre camp de « ne pas voter avec Jeremy Corbyn » et les autres opposés à un « no deal », qui espèrent l’obliger à réclamer un décalage du Brexit à Bruxelles.

Un tel choix « affaiblirait » la position de négociation du Royaume-Uni, « rendant absolument impossible la poursuite des discussions [avec Bruxelles] », a insisté le premier ministre britannique, la voix en partie couverte par les manifestants massés aux grilles de la résidence officielle du chef du gouvernement qui scandaient « Stop the coup », en référence à sa décision, très controversée de suspendre pendant cinq semaines les débats au Parlement, juste avant le Brexit. « Je ne veux pas d’élections générales, vous ne voulez pas d’élections générales », a t-il conclu, les yeux braqués sur les caméras.

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Prêts pour une confrontation majeure

Sur ce dernier point, personne ne l’a vraiment cru : et pour cause, ces dernières heures, la rumeur de l’imminence d’une élection générale n’a cessé d’enfler à Whitehall, le quartier ministériel. En soirée, des sources gouvernementales ont multiplié les confidences aux médias britanniques, assurant que le premier ministre se tenait prêt, dès mercredi 4 septembre, à réclamer des élections générales pour le 14 octobre si les députés opposés au « no deal » parvenaient à faire adopter leur motion à la Chambre des communes, mardi, à leur retour de vacances. Un vote majoritairement en faveur d’une initiative visant à décaler la date du 31 octobre, serait considéré par le gouvernement comme un vote de confiance.

Mardi matin, les acteurs du Brexit étaient en tout cas prêts pour une confrontation majeure, chacun prenant des risques à la mesure des enjeux. Les opposants à un « no deal », une poignée de poids lourds chez les conservateurs (Philip Hammond, Greg Clark, David Gauke), les travaillistes, les lib-dem, les Verts ou les indépendantistes écossais du SNP veulent éviter, par tous moyens, une sortie sans accord de l’Union européenne (UE) le 31 octobre. Jugée catastrophique d’un point de vue économique, social, et même géopolitique.

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