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La situation à bord représentant un danger de mort, selon son capitaine, « Eleonore » a violé l’interdiction d’entrée dans les eaux territoriales.
Il était en mer depuis huit jours, dans l’attente d’un port sûr pour accoster après avoir secouru une centaine de personnes. Le navire humanitaire de l’ONG allemande Lifeline Eleonore a été saisi, lundi 2 septembre, par les autorités italiennes après avoir violé l’interdiction d’entrée dans les eaux territoriales pour accoster dans le sud de la Sicile, rapportent les médias.
« Salut, bientôt l’Eleonore arrive à Pozzallo. Il serait bon que quelques personnes et des avocats soient là pour rencontrer l’équipage », avait tweeté peu avant l’organisation, dont le navire a été placé sous séquestre, conformément à une récente législation entrée en vigueur en Italie.
Eleonore a été le premier des trois navires humanitaires se trouvant actuellement en Méditerranée à avoir reçu au cours des derniers jours l’interdiction d’accoster de la part des autorités italiennes.
Le capitaine du navire a expliqué dans un tweet avoir été contraint de se diriger vers les côtes italiennes parce que la « situation à bord représentait un danger de mort » en raison d’une mauvaise météo et d’une mer agitée durant la nuit.
Un autre navire, le Mare-Ionio, avec 31 migrants à bord, se trouvait lundi à la mi-journée à 24 kilomètres de l’île sicilienne de Lampedusa, dans les eaux internationales dans l’attente lui aussi de pouvoir accoster.
Arsenal répressif contre les navires portant assistance
Le navire avait secouru mercredi 98 personnes en détresse au large de la Libye, mais 67 avaient été progressivement débarquées en Italie : des femmes, des enfants ou des personnes ayant besoin de soins, a précisé un porte-parole.
Un troisième navire, l’Alan-Kurdi, de l’ONG allemande Sea Eye, faisait route pour Malte après s’être fait notifier, lui aussi, l’interdiction d’accoster en Italie, conformément à un décret du ministre de l’intérieur, Matteo Salvini.
Ce dernier a fait adopter ces deniers mois un décret renforçant l’arsenal répressif contre les navires portant assistance aux migrants. Le texte fixe à 1 million d’euros l’amende maximale dont sont passibles les commandants des navires entrant sans autorisation dans les eaux italiennes et prévoit l’arrestation immédiate des capitaines qui accosteront de force dans un port italien.
Matteo Salvini doit quitter ses fonctions dans les prochains jours à la suite de la crise gouvernementale qu’il a provoquée au début d’août en faisant éclater la coalition au pouvoir que son parti d’extrême droite, La Ligue, formait depuis juin 2018 avec le Mouvement 5 étoiles (antisystème).
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