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Hans-Georg Maassen, démis de ses fonctions et accusé de collusion avec l’extrême droite, a fait irruption dans la campagne des élections régionales du 1er septembre en Saxe.
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ll n’est pas nécessaire d’être soi-même candidat pour être la vedette d’une campagne électorale. Hans-Georg Maassen vient de réussir ce tour de force. A 56 ans, l’ancien patron du renseignement intérieur allemand a dévoré l’espace médiatique, ces dernières semaines, en jouant les trouble-fêtes dans son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), à l’occasion des élections régionales du 1er septembre en Saxe.
C’est en septembre 2018 que M. Maassen a pour la première fois fait la « une » des journaux. A la tête de l’Office de protection de la Constitution depuis 2012, cet homme aux lunettes rondes et au regard impassible avait contesté l’existence de « chasses à l’homme » à caractère raciste après le meurtre d’un Allemand à Chemnitz (Saxe), à la suite d’une altercation avec des demandeurs d’asile. Ses déclarations, en porte-à-faux avec celles d’Angela Merkel, conduisirent à son limogeage, mais au prix d’une grave crise, qui faillit faire chuter la coalition de la chancelière.
Mis à la retraite, M. Maassen n’a pas tardé à se reconvertir en politique. Début 2019, il a adhéré à la Werte Union (« union des valeurs »), un club créé en 2017 par quelques milliers de membres de la CDU revendiquant un positionnement clairement « conservateur » et opposés à la politique, jugée trop centriste, de Mme Merkel, notamment vis-à-vis des réfugiés. Quelques semaines plus tard, il se lançait dans la campagne des régionales en Saxe aux côtés des candidats CDU proches de la Werte Union.
« Je voulais juste aider mon parti »
Il a tenu promesse. Mais ses propos contre les navires humanitaires en Méditerranée (« un service de navette des migrants vers l’Europe »), sur la « consanguinité dans les médias », ainsi que son refus d’exclure a priori toute idée de coalition avec le parti d’extrême droite AfD, lui ont valu les foudres de Berlin. « Il faut franchir beaucoup d’étapes, et c’est normal, avant d’exclure quelqu’un d’un parti. Mais, dans le cas de M. Maassen, je ne vois plus vraiment ce qui le lie à la CDU », déclarait Annegret Kramp-Karrenbauer, la présidente du parti, mi-août.
Censées isoler M. Maassen, les menaces d’« AKK » l’ont au contraire renforcé, plusieurs figures du parti venant à sa rescousse pour condamner toute idée d’exclusion, jusqu’au très respecté président du Bundestag, Wolfgang Schäuble. Pour calmer la tempête, Mme Kramp-Karrenbauer a même dû revenir sur ses déclarations, assurant – sans convaincre – qu’elle n’avait jamais pensé sérieusement à exclure M. Maassen.
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