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Le navire affrété par l’ONG italienne Mediterranea Saving Humans transporte une centaine de migrants, dont 28 mineurs, secourus mercredi matin au large des côtes libyennes.
Le ministre italien de l’intérieur, Matteo Salvini, a signé, mercredi 28 août, un décret interdisant à un navire humanitaire transportant une centaine de migrants sauvés au large des côtes libyennes de pénétrer dans les eaux territoriales italiennes.
Cette décision est sans doute l’une des dernières du chef de la Ligue (extrême droite) au sein du gouvernement démissionnaire de Giuseppe Conte dont il a provoqué l’éclatement il y a trois semaines.
Le décret vise le Mare Jonio, un navire affrété par l’ONG italienne Mediterranea Saving Humans qui a récupéré mercredi matin la centaine de migrants, parmi lesquels au moins 28 mineurs dont 22 enfants de moins de 10 ans et huit femmes enceintes, selon l’organisation, à bord d’un canot pneumatique commençant à prendre l’eau.
Alle 8.35 di questa mattina la nave #MareJonio ha completato il salvataggio di circa cento persone tra cui 26 donne… https://t.co/JKnjImaVtM
L’organisation précise avoir repéré, grâce à un radar, le bateau pneumatique à la dérive et surchargé de migrants. « Vous êtes arrivés juste à temps », ont raconté des survivants à un journaliste italien de La Repubblica se trouvant à bord du bateau. « Le pneumatique allait sombrer. Il a commencé hier soir à se dégonfler. Il a été frappé par une vague et beaucoup d’entre nous sont tombés à l’eau. Six ne savaient pas nager et sont morts », ont-ils indiqué.
900 morts en Méditerranée en 2019
Le Mare Jonio avait été mis sous séquestre en mai en vertu de la législation antimigrants de Matteo Salvini, mais la mesure avait été levée en août. Le navire avait rejoint la zone de recherche et de sauvetage en début de semaine.
Mardi, M. Salvini qui, comme le reste du gouvernement expédie les affaires courantes mais garde ses prérogatives légales, avait également interdit, par décret, l’entrée dans les eaux territoriales italiennes du bateau humanitaire Eleonore, sous pavillon allemand, transportant également une centaine de migrants à son bord. L’ONG allemande Mission Lifeline avait annoncé lundi avoir secouru en Méditerranée ces migrants repérés sur un canot, tout en affirmant que son équipage avait été pris à partie par les gardes-côtes libyens.
Le Lifeline, un bateau sous pavillon néerlandais de la même ONG allemande, avait été placé sous séquestre en juin à Malte, où il avait accosté avec plus de 230 migrants à son bord. Le capitaine de ce navire, Claus-Peter Reisch, avait été accusé par les autorités maltaises et italiennes d’avoir enfreint les règles en refusant notamment de se plier aux ordres des gardes-côtes libyens. Il a été condamné à une forte amende pour des irrégularités concernant l’immatriculation du bateau, mais a fait appel de la décision. Il est désormais aux commandes de l’Eleonore.
L’Italie et Malte refusent systématiquement le débarquement de bateaux ayant secouru des migrants hors de leurs eaux territoriales si un accord de répartition n’est pas trouvé au préalable avec d’autres pays européens.
« Qu’est-ce qui serait arrivé aux 28 enfants, 26 femmes, huit femmes enceintes sans l’aide de RescueMed [Mediterranea Saving Humans ] ?, s’interroge sur Twitter Carlotta Sami, porte-parole du haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). Au moins 900 personnes ont perdu la vie en Méditerranée cette année. Des tragédies qui auraient pu être évitées si l’action humanitaire n’était plus utilisée à des fins politiques. »
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