A Biarritz, Macron estime que le sommet du G7 a « créé les conditions » d’une rencontre entre Trump et Rohani

0
190

[ad_1]

Emmanuel Macron et Donald Trump lors de leur conférence de presse commune au G7 à Biarritz, le 26 août.
Emmanuel Macron et Donald Trump lors de leur conférence de presse commune au G7 à Biarritz, le 26 août. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE / FRENCH POLITICS POUR “LE MONDE”

Emmanuel Macron a gagné son pari pour le premier sommet du G7 sous sa présidence. S’annonçant pour le moins difficile, la réunion de Biarritz, du 23 au 26 août, entre les dirigeants des sept démocraties les plus puissantes économiquement a été un réel succès. Un accord a ainsi été trouvé à propos de la taxation des géants du numérique, des engagements concrets ont été pris pour faire face aux feux ravageant l’Amazonie… Surtout, une position commune sur l’Iran a été dégagée – la question a dominé ce sommet, marqué par l’arrivée surprise dans l’après-midi, dimanche 25 août, à l’invitation d’Emmanuel Macron, du chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, ciblé personnellement depuis trois semaines par des sanctions américaines.

« J’ai la conviction que s’il y a une rencontre au plus haut niveau, un accord peut être trouvé sur l’Iran », a affirmé le président français lors d’une conférence de presse commune en fin d’après-midi lundi, aux côtés de son homologue américain. Le sommet a créé « les conditions pour cette rencontre » entre Donald Trump et le président iranien, Hassan Rohani, « et donc pour un accord », a-t-il salué. M. Trump s’est dit prêt, lundi, à rencontrer M. Rohani si les « circonstances » étaient réunies.

Emmanuel Macron a également rappelé ce sur quoi les membres du G7 étaient d’accord : la nécessité pour l’Iran « de respecter ses obligations sur le nucléaire » et le fait que « jamais l’Iran ne puisse se doter de l’arme nucléaire et qu’il cesse de menacer la sécurité régionale ». A en croire le président français, « il y a des avancées, même si elles restent fragiles et que rien n’est encore fait ». Donald Trump a acquiescé et évoqué « un fantastique G7 ».

Lire aussi l’éditorial : Macron au G7 : l’audace comme levier diplomatique

Donald Trump a joué le jeu

L’image des deux présidents ensemble à la tribune est en elle-même symbolique. Le G7 est de retour comme lieu de dialogue informel après une longue crise, qui s’est encore aggravée avec l’installation à la Maison Blanche de Donald Trump et sa politique de l’« America First » (« L’Amérique d’abord »). En 2017, le président des Etats-Unis a retiré son pays de l’accord de Paris sur le climat, et un an plus tard, de celui de Vienne sur le nucléaire iranien. Les sommets du G7 étaient devenus ceux du « 6 + 1 », avec le cavalier seul américain, voire du « 6 contre 1 », comme en 2018, lors du sommet de La Malbaie, au Québec, où le président américain dénonça le communiqué de presse commun qu’il venait de signer.

A Biarritz, Donald Trump a joué le jeu, posant les jalons pour la réunion de 2020. Emmanuel Macron « a demandé mon accord » pour inviter le ministre des affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif. « Je lui ai dit : si c’est ça que vous voulez, allez-y ! », a rapporté Donald Trump. Il a néanmoins souligné qu’une rencontre avec le ministre iranien était encore prématurée. Donald Trump s’est toujours dit prêt à discuter avec Téhéran, malgré sa stratégie de « pression maximale ». « Nous ne cherchons pas le changement de régime » à Téhéran, mais « nous voulons un Iran de nouveau riche » et qu’il ne soit « pas nucléaire », a assuré le président américain, qui réclame un nouvel accord beaucoup plus contraignant.

Sur le front de la guerre commerciale avec la Chine, le président des Etats-Unis a aussi envoyé des signaux positifs en annonçant que les négociations avec Pékin reprendraient « très prochainement » malgré un nouveau bras de fer, vendredi, sur les droits de douane. « Les Chinois veulent un accord (…). Je pense qu’on va en trouver un », a-t-il lancé, pressé par ses homologues du G7 d’agir pour éviter que ce conflit ne ruine l’économie mondiale.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi G7 : Emmanuel Macron à la manœuvre sur l’Iran et les autres dossiers brûlants

Il a aussi accepté un compromis sur la taxation française des géants du numérique. Les pays du G7 ont acté de mettre en place une taxe internationale sur les GAFA en 2020 et, ce jour-là, la France « supprimera » sa taxe et remboursera aux entreprises leur versement sous forme de déduction sur la nouvelle taxe, a précisé Emmanuel Macron. « Il y a beaucoup de nervosité sur cette fameuse taxe numérique française. Je crois qu’on a trouvé un très bon accord », a-t-il affirmé.

De tels résultats ont été permis par un long travail en amont de la diplomatie française, mais ils montrent aussi l’efficacité de la méthode Macron, avec son choix d’instaurer des relations personnelles avec ses homologues, à commencer par Donald Trump. Conscient de l’importance de cette réunion au sommet pour conforter sa stature internationale, Emmanuel Macron, qui jusqu’ici n’a remporté aucun succès diplomatique majeur, a surjoué sa présidence du G7, omniprésent sur les écrans, multipliant les interviews et les points de presse. Il a aussi le sens de la communication, comme en témoigne, outre l’invitation de M. Zarif sur l’Iran, celle du chef amazonien Raoni, symbole de la lutte pour la préservation de la forêt, qu’il devait rencontrer en fin de journée.

Le sommet de Biarritz montre ainsi que le G7, quoique toujours plus contesté, garde quelque utilité comme lieu de rencontre informel, où le dialogue est d’autant plus libre qu’il n’y a pas de véritables décisions à prendre. Ces pas en avant – en premier lieu sur l’Iran – auraient été difficilement envisageables dans un autre cadre, sinon au travers de longues navettes diplomatiques.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En plein G7, le chef de la diplomatie iranienne a effectué une visite surprise à Biarritz

Engagement pour l’Amazonie

A Biarritz, le G7 s’est aussi engagé très concrètement pour lutter contre les incendies ravageant l’Amazonie. « Immédiatement, nous offrirons aux pays amazoniens qui nous font connaître leurs besoins un soutien financier, au moins à hauteur de 20 millions d’euros et aussi avec des soutiens concrets », a déclaré Emmanuel Macron aux côtés de son homologue chilien, Sebastian Piñera. Il a évoqué par ailleurs une initiative pour l’Amazonie qui sera officiellement lancée « lors de l’Assemblée générale de l’ONU, fin septembre, avec tous les pays de la région », a poursuivi le président, précisant travailler à une initiative similaire pour le continent africain.

Donald Trump n’était pas présent à la séance sur le climat, arguant de plusieurs rencontres bilatérales dans la matinée. « Il ne faut pas interpréter l’absence du président américain (…). Les Etats-Unis sont avec nous sur la biodiversité et sur l’initiative Amazonie », a assuré le président français. Sa mobilisation sur l’Amazonie lui a valu une volée d’insultes au Brésil, un ministre le traitant de « crétin opportuniste », tandis que le président Jair Bolsonaro se livrait à un commentaire offensant pour Brigitte Macron.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Sous la pression écologiste, Emmanuel Macron repasse au vert

Victoire d’Emmanuel Macron, ce G7 de Biarritz a été pour une bonne part mené en binôme avec Donald Trump, alors que la chancelière allemande, Angela Merkel, la grande partenaire européenne de la France, se montrait beaucoup plus effacée, réduite à jouer les utilités sur les questions les plus cruciales, à commencer par l’Iran. L’imprévisible locataire de la Maison Blanche a pu ainsi affirmer une nouvelle image et de se poser en interlocuteur dur, voire intraitable sur nombre de dossiers, mais aussi gérable sur d’autres. Ce d’autant plus qu’il prend la succession pour la présidence du G7, qui se tiendra l’an prochain à Miami, en Floride.

« Il est normal qu’il respecte ses engagements de campagne électorale et ce qu’il considère être les intérêts des Etats-Unis, mais il est aussi conscient de ses responsabilités de président de la première puissance mondiale », a dit Emmanuel Macron, conforté dans son pari d’avoir misé, dès le début, sur une relation forte avec le 45e locataire de la Maison Blanche. Il avait « acheté du Trump » au plus bas. Il est maintenant en train d’empocher la mise.

[ad_2]

Source link

Have something to say? Leave a comment: