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Arrivé en Allemagne en 2015, Alaa Sheikhi a tué en août 2018 un Allemand à l’arme blanche à Chemnitz, dans l’est du pays. Cette affaire avait déclenché de nombreuses manifestations xénophobes dans plusieurs villes allemandes.
L’affaire avait déclenché en août 2018 une série de manifestations xénophobes et de nombreuses violences racistes de la part de l’extrême droite. Alaa Sheikhi, réfugié syrien de 24 ans, a été condamné jeudi 22 août à neuf années et demie de prison pour le meurtre à l’arme blanche d’un Allemand à Chemnitz, situé en Allemagne de l’Est.
Il avait également gravement blessé un ami de la victime, qui a dû être hospitalisé durant plusieurs jours, a fait savoir le parquet. M. Sheikhi était arrivé en Allemagne en 2015 au moment où le pays avait accueilli près d’un million de réfugiés, au plus fort de la crise migratoire en Europe. Un Irakien de 22 ans, en fuite depuis un an malgré un mandat d’arrêt international, a, selon le tribunal, aussi participé à l’agression. Il aurait réussi à rentrer en Irak, selon des médias.
Le procès, déplacé pour raisons de sécurité à Dresde, a mis toutefois en évidence des lacunes dans le dossier d’accusation. Les preuves contre M. Sheikhi étaient en effet ténues : aucune trace de son ADN n’a été retrouvée ni sur le couteau ni sur la victime. Le principal témoin du meurtre, un employé libanais d’un snack de kebabs, a multiplié les versions contradictoires. La défense de l’accusé, qui a annoncé faire appel, a mis en garde durant le procès contre la tentation de prononcer une condamnation pour « apaiser Chemnitz » et éviter des incidents. « Il n’y a aucun doute sur la culpabilité de l’accusé », a toutefois expliqué la présidente du tribunal.
Violences et saluts hitlériens
En août 2018, quelques heures après le meurtre, un millier de hooligans et de néonazis s’étaient en effet rassemblés à Chemnitz, ville moyenne de l’ex-RDA, une manifestation émaillée de violences xénophobes. Des vidéos amateurs tournées ce jour-là montrant des étrangers insultés et pris en chasse dans la rue ont alors provoqué une onde de choc en Allemagne et fait le tour du monde. La chancelière, Angela Merkel, avait à l’époque dénoncé « la haine » et les « chasses collectives » contre des étrangers.
D’autres rassemblements à l’appel de l’extrême droite avaient suivi, là aussi marqués par des violences et des saluts hitlériens, et aussi par des échauffourées avec des contre-manifestants d’extrême gauche.
Pour le magazine Der Spiegel, les violences de Chemnitz ont marqué « une césure pour le pays » qui en dit long « sur la grande colère qui bouillonne », notamment dans ces régions orientales qui se voient comme le parent pauvre de l’Allemagne depuis la chute du mur de Berlin il y a près de trente ans.
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