Le tunnel Lyon-Turin, un dossier à plus de 20 milliards d’euros qui crispe l’Italie

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Le Parlement italien, tiraillé entre le M5S opposée au projet et la Ligue qui y est favorable, demande à l’exécutif de revoir le projet de tunnel ferroviaire entre la France et l’Italie.

Par Jérôme Gautheret Publié aujourd’hui à 11h31, mis à jour à 11h45

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Le premier ministre et ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, en visite sur le chantier du tunnel Lyon-Turin, à Chiomonte, le 1er février 2019.
Le premier ministre et ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, en visite sur le chantier du tunnel Lyon-Turin, à Chiomonte, le 1er février 2019. Alessandro Di Marco / AP

C’est une brève motion, d’à peine quelques lignes, adoptée jeudi 21 février par la chambre des députés italienne (261 voix contre 136) dans un climat électrique. Par ce vote, il est demandé au gouvernement de « rediscuter intégralement le projet de la ligne Turin-Lyon [TAV], dans l’application de l’accord entre l’Italie et la France ». Après des semaines d’affrontement sur le projet de liaison à grande vitesse à travers les Alpes, les deux composantes de la majorité, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème, opposé au projet) et la Ligue (extrême droite, favorable) semblent avoir trouvé un terrain d’accord.

Dans la pratique, que signifie vraiment cette déclaration d’intention ? Cela préfigure-t-il un arrêt du chantier ou, au contraire, la confirmation de son intérêt stratégique ? Rien de cela n’est vraiment clair. D’ailleurs, c’est sans doute parce que cette déclaration est parfaitement nébuleuse qu’elle a obtenu un large accord.

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De fait, chacun peut crier victoire : du côté des 5 étoiles, on insiste sur la nécessité de remettre à plat le TAV, tandis qu’à la Ligue on met l’accent sur l’allusion rassurante au traité franco-italien, ratifié en janvier 2017, qui encadre le projet… Tout indique que l’ambiguïté, de part et d’autre, est voulue. Et que les deux parties ont choisi, plutôt que de signer un armistice, de convenir d’une trêve.

Situation irréelle

Reste que ce coup d’arrêt a d’ores et déjà des conséquences. Dans le val de Suse, le projet ferroviaire est à l’arrêt et les appels d’offres sont suspendus, tandis que de l’autre côté de la montagne, en France, les travaux avancent toujours. Une situation irréelle, qui ne pourra pas durer éternellement.

« Plus personne ne viendra investir en Italie si le pays démontre qu’un nouveau gouvernement ne se tient pas aux engagements passés », Giovanni Tria, ministre des finances italien

Par ailleurs, ce blocage provoque la fureur des milieux d’affaires italiens, dont le moral ne cesse de se dégrader. Plus grave encore, ce pas de deux pourrait nuire durablement à l’image internationale de l’Italie. « Plus personne ne viendra investir en Italie si le pays démontre qu’un nouveau gouvernement ne se tient pas aux engagements passés, change les lois ou les rend rétroactives », a alerté lundi 25 février au soir le ministre des finances Giovanni Tria, un économiste qui n’appartient à aucune des deux formations structurant le gouvernement italien et conserve de ce fait une certaine autonomie de parole.

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