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Plus de deux mois après le début du mouvement de protestation, le niveau de violences a augmenté de part et d’autre.
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Tous les vols au départ de l’aéroport de Hongkong ont été annulés lundi 12 août dans l’après-midi, alors que des milliers de personnes dénonçant les violences policières étaient rassemblées dans le bâtiment. Au moins 5 000 manifestants, selon la police, ont envahi les halls des départs et des arrivées pour un sit-in prolongé, accueillant les visiteurs en scandant des slogans comme « Ne faites pas confiance à la police de Hongkong » ou « Police noire [corrompue], rendez-nous un œil ».
La veille, une infirmière avait été éborgnée par un tir de « sac à pois » effectué par la police lors de l’évacuation d’un rassemblement près de la station Tsim Sha Tsui. La police a tiré des gaz lacrymogènes à l’intérieur de la station de Kwai Fong, alors que les gaz ne sont censés être utilisés qu’en plein air. L’intervention brutale de policiers déguisés en manifestants a aussi particulièrement choqué.
Plus de deux mois après le début du mouvement de protestation contre un projet de loi d’extradition vers la Chine, aujourd’hui suspendu, le niveau de violences a augmenté de part et d’autre : les manifestants construisent désormais systématiquement des barricades et lancent des projectiles sur la police, qui répond en tirant de plus en plus de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc.
Blindés à Shenzhen
La décision de poursuivre l’occupation de l’aéroport, pour le quatrième jour consécutif, a été prise tard dans la nuit sur les forums en ligne où se retrouvent les manifestants. Lundi peu après midi, ils étaient des milliers rassemblés dans l’enceinte de l’aéroport pour dénoncer les violences policières. Sur les murs, sur des affiches tenues par les manifestants, les images des violences de la veille étaient exhibées aux voyageurs.
La photo de la jeune femme à terre, saignant de l’œil, et une autre montrant le projectile encore coincé dans ses lunettes de protections, étaient les plus diffusées. D’autres montraient des policiers antiémeutes tirant des projectiles « moins létaux », comme les balles en caoutchouc, à quelques mètres de manifestants qui fuyaient dans un escalier mécanique, provoquant une bousculade.
Lundi après-midi, les autorités chinoises ont rejeté la faute sur les manifestants, lors d’une nouvelle conférence de presse du bureau des affaires de Hongkong et Macao, l’agence responsable de ces deux régions administratives spéciales à Pékin. « Les manifestants radicaux de Hong Kong ont à plusieurs reprises eu recours à des objets extrêmement dangereux afin d’attaquer des policiers, ce qui constitue déjà un crime grave et révèle de premiers signes de terrorisme », a accusé depuis Pékin Yang Guang, le porte-parole de cette agence gouvernementale.
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