A Belgrade, Macron veut relancer la relation franco-serbe

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Accueilli par son homologue Aleksandar Vucic, le président de la République se veut le garant de l’influence européenne dans cette région convoitée par la Russie et la Chine.

Par Publié aujourd’hui à 21h12

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Une femme agite des drapeaux serbe et français à Belgrade, en Serbie, le 15 juillet 2019.
Une femme agite des drapeaux serbe et français à Belgrade, en Serbie, le 15 juillet 2019. Darko Vojinovic / AP

La statue se dresse à l’entrée du parc de Kalemagdan dominant la Save. Une immense femme de bronze symbole de la liberté sculptée en 1930 par un ami de Rodin et une simple phrase : « Aimons la France comme elle nous a aimés. » Le monument à la France symbolise l’amitié franco-serbe scellée dans le sang pendant la guerre de 14-18. Voilée de noir au printemps 1999 pendant les bombardements de l’OTAN sur la Serbie pendant la guerre du Kosovo auxquels participait la France, dégradée à chaque montée de fièvre franco-serbe, la statue vient d’être restaurée pour célébrer le retour de ce lien avec la visite, les 15 et 16 juillet, d’Emmanuel Macron, premier président français à se rendre en Serbie depuis Jacques Chirac, il y a dix-huit ans.

La capitale serbe est pavoisée de bleu, blanc, rouge. Solennel dépôt de gerbe. « La Serbie est une grande nation européenne. Au moment où certains pensent à cette région comme à un théâtre d’influence des puissances, elle est attachée à sa souveraineté », avait lancé Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse. Lisant un discours en serbe pendant dix minutes, il a déclaré : « C’est un geste pour démontrer que le message inscrit sur le monument est toujours vrai cent ans après. »

Pas de rencontre avec l’opposition

Le président français se doit de faire oublier la terrible gaffe protocolaire du centenaire de l’armistice, le 11 novembre 2018, quand le président serbe, Aleksandar Vucic, fut cantonné à une tribune secondaire, alors que son homologue kosovar, Hashim Thaçi, trônait aux côtés d’Angela Merkel, Vladimir Poutine ou encore Donald Trump. Le faux pas a été ressenti comme une terrible humiliation par toute la Serbie. Une première visite de consolation prévue début décembre avait ensuite été annulée à cause des « gilets jaunes ».

Déjà, le très autoritaire et populiste président serbe avait promis de faire venir des dizaines de milliers de personnes pour montrer l’amour que les Serbes portent encore à la France. Il a tenu parole. Nombre d’habitants de Belgrade ont ainsi reçu des SMS les invitant à venir saluer le président français dans les rues de leur ville. Cet ancien ultranationaliste, qui fut, à la fin des années 1990, le ministre de l’information de Slobodan Milosevic, sait organiser ces grands rassemblements populaires « spontanés ». Il l’avait montré en janvier avec une foule de plus de 100 000 personnes pour accueillir Vladimir Poutine. Mais l’homme fort de Belgrade est aussi un réaliste qui, depuis son arrivée au pouvoir en 2012, s’affiche comme proeuropéen, jouant la réconciliation régionale mais tenant son pays d’une main de fer.

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