Un vote semé d’embûches pour Ursula von der Leyen à Strasbourg

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La présidente désignée de la Commission n’est pas sûre de rallier une majorité absolue d’eurodéputés pour être confirmée à son poste mardi 16 juillet.

Par Publié aujourd’hui à 10h25

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Ursula von der Leyen à Bruxelles, le 10 juillet.
Ursula von der Leyen à Bruxelles, le 10 juillet. FRANCOIS LENOIR/REUTERS

Chaque voix comptera et Ursula von der Leyen devra au final en recueillir 374, soit la majorité absolue de membres du Parlement européen, pour devenir la future présidente de la Commission, mardi 16 juillet, à Strasbourg. Trois élus catalans privés de leur siège et un danois, devenu ministre et non encore remplacé, ont ramené le nombre total des eurodéputés à 747.

La ministre allemande de la défense, proposée par les dirigeants européens pour succéder à Jean-Claude Juncker en novembre, n’a pas partie gagnée et un suspense intense pourrait perdurer jusqu’au vote final, mardi à 18 heures. La prétendante devait prononcer, tôt le matin, un discours décisif pour son avenir et censé convaincre une majorité de l’assemblée. Les différents groupes se concerteront ensuite pour se déterminer, sans que cela offre une certitude quant au résultat final.

Lors de ses apparitions à Bruxelles, la semaine dernière, Mme von der Leyen n’a pas convaincu. Ses propos très généraux n’ont pas impressionné et ses interventions semblaient mal préparées. Sa longue comparution devant le groupe des Verts, notamment, a pris l’allure d’un jeu de massacre et l’a privée de tout soutien de ses 75 élus. Si elle a accepté, avec des réticences, de rencontrer la gauche radicale (Gauche unitaire européenne, GUE, 41 sièges), c’est là aussi pour s’entendre confirmer qu’elle n’y disposerait d’aucun appui. Devant les Conservateurs et réformistes (ECR, 62 élus), elle a en revanche tenu des propos suffisamment ambigus sur le respect de l’Etat de droit pour ne pas s’aliéner les 26 élus de Droit et justice (PiS), le parti au pouvoir en Pologne.

Ambiguïtés

Problème : la répartition des postes à responsabilité dans les commissions du Parlement a mécontenté ces ultraconservateurs qui, comme le Fidesz hongrois, dénoncent l’attitude « hostile » des partis proeuropéens et pourraient, du coup, remettre en cause leur soutien présumé à la candidate allemande, membre du Parti populaire européen (PPE).

Mme von der Leyen est-elle au moins assurée du soutien des 182 membres de celui-ci, première famille politique de l’assemblée ? En théorie, seulement. Car que feront finalement les 13 élus du Fidesz ? Et certains membres de la CDU-CSU, toujours mécontents de la mise à l’écart de Manfred Weber, le Spitzenkandidat – « tête de liste » – du PPE pendant la campagne en vue des élections du 26 mai ?

Lire aussi la tribune : « Approuver le choix de Mme Von der Leyen serait une atteinte à notre démocratie parlementaire européenne »

Le soutien du groupe libéral démocrate Renew Europe (RE, 108 membres), dont font partie les élus macroniens, semblait, lui, acquis à la candidate du président français et de la chancelière allemande. Jusqu’à ce que quelques députés s’inquiètent de ses ambiguïtés sur le respect de l’Etat de droit à l’Est, ou doutent de sa volonté de réformer l’Union. Dacian Ciolos, le président roumain de RE, lui a donc adressé une lettre assortie d’une liste de revendications : une vice-présidence de la Commission – sur un « strict pied d’égalité » avec le socialiste Frans Timmermans – pour la libérale Margrethe Vestager, un mécanisme de sanctions à l’égard des régimes « illibéraux » et un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 55 % en 2030 (l’objectif actuel est de 40 %).

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