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La livraison de missiles russes, contre les mises en garde de l’OTAN, est l’aboutissement d’un changement d’axe engagé après la tentative de coup d’Etat de 2016.
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Arrivée vendredi 12 juillet sur la base militaire d’Akinci (Murted) à Ankara, la première cargaison des missiles antiaériens russes S-400 acquis par la Turquie est un objet de fierté pour le ministère turc de la défense qui en a montré les images sur son site, lui donnant une grande visibilité. Les livraisons ne font que commencer. Les autres missiles arriveront par bateau pendant l’été, selon l’agence TASS.
En acquérant ces missiles, incompatibles avec le système de défense de l’OTAN, Ankara met en péril la cohésion de l’Alliance et s’expose à des sanctions du Congrès américain. « On avait donné le choix au président Erdogan, il a clairement fait le mauvais », ont déclaré dans un communiqué commun Eliot Engel et Michael McFaul, élus démocrate et républicain à la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants. « Qu’un allié de l’OTAN choisisse de s’allier avec la Russie et Vladimir Poutine au détriment de l’Alliance atlantique et d’une coopération plus étroite avec les Etats-Unis est difficile à comprendre », ont-ils conclu.
Pilier oriental de l’OTAN depuis 1952, la Turquie a semé le malaise parmi ses alliés en signant, en 2017, un contrat de 2,5 milliards de dollars (2,2 milliards d’euros) avec la Russie pour la fourniture de missiles russes antiaériens S-400, incompatibles avec les systèmes de défense aérienne de l’Alliance.
Déclaration d’indépendance
Côté turc, en revanche, l’achat des missiles russes est présenté comme une déclaration d’indépendance. « Puisse cette acquisition être bénéfique à notre pays, à notre région et au monde », a déclaré le 8 juillet le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui se pose en leader global, capable de tenir tête aux puissants. « Le monde est plus large que cinq Etats », a-t-il coutume de dire, une allusion aux membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.
Soucieux de laisser sa marque dans l’histoire, il a choisi de changer l’axe sécuritaire et de politique étrangère de la Turquie, estimant que les Etats-Unis n’étaient plus le partenaire indispensable. En emmenant son pays plus avant dans les bras de la Russie, le numéro un turc veut montrer qu’il ne sera pas l’allié docile des Occidentaux. Il rompt ainsi avec la ligne traditionnelle, celle d’une Turquie résolument tournée vers l’Occident, son système de sécurité, ses valeurs et ses marchés financiers.
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