[ad_1]
Pour la vingtième marche, coïncidant avec le 57e anniversaire de l’indépendance, des centaines de milliers de manifestants ont exigé le départ du général Ahmed Gaïd Salah du pouvoir.
Article réservé aux abonnés
Et voilà qu’il grimpe la façade de cet immeuble colonial. Peu importe les sifflets rageurs de la foule ou les bouteilles d’eau qui rebondissent sur son uniforme bleu marine. Ce policier a une mission : détacher un drapeau amazigh (berbère) des barreaux d’une fenêtre aux bouts acérés. Sur le trottoir d’en face, un jeune escalade pieds nus un immense lampadaire, et scotche à son sommet le fanion berbère sous les ovations. Dix mètres plus bas, les CRS viennent d’encercler ce réverbère. Le jeune garçon sait qu’une fois descendu, il sera coffré. Alors, il harangue cette foule, l’appelle à l’aide, et d’un geste explique qu’il va plonger sur elle et qu’il faut le rattraper.
Et puis, il… se jette ! Explosion de joie. « Ils ne l’ont pas chopé », crie-t-on. Quelques minutes plus tard, scène surréaliste : d’autres policiers se font tant bien que mal la courte échelle pour retirer – sous les moqueries – cette bannière colorée. « Pourquoi ils nous provoquent, c’est inutile », lance, lassé, cet homme d’une cinquantaine d’années, avant de courir pour éviter une énième charge des forces de l’ordre et leurs violents coups de matraque. Certains sont même frappés au sol. La révolution vaut bien quelques bleus…
Drapeaux berbères agités avec orgueil et irrévérence
Le 5 juillet, des centaines de milliers d’Algériens ont englouti l’hyper-centre de la capitale, comme ailleurs dans le pays, pour un vingtième vendredi d’affilée de contestation contre le « système ». Cette impressionnante masse s’est déversée près de la Grande-Poste à la rue Didouche-Mourad, encadrée par un imposant dispositif de sécurité et observée par deux hélicoptères. Cet après-midi-là, ce n’était pas Alger la Blanche, mais Alger la Verte et Rouge, les couleurs du drapeau. On s’est pris dans les bras pour se dire pardon quand on s’est marchés sur les pieds ; des inconnus ont passé leur temps à arroser les manifestants pour les rafraîchir ; des binationaux sont venus de France pour découvrir « la magie » et « la beauté » de cette révolution pacifique.
Rien ne semble fissurer ce hirak, ce « mouvement » qui secoue l’Algérie depuis le 22 février : ni l’humidité étouffante, ni le soleil cuisant, et encore moins les attaques répétées d’Ahmed Gaïd Salah. L’homme fort du pays, le général de l’Armée nationale populaire (ANP), a pourtant cherché à maintes reprises à briser cette révolte ; le 19 juin, il a même dénoncé « la tentative d’infiltrer les marches » par « d’autres emblèmes que notre emblème national ».
[ad_2]
Source link
Have something to say? Leave a comment: